descriptif du fournisseur
De la moitié des années 80 jusqu'au début des années 2000, Black & Noir a été le nom d'une émission de radio, d'une organisation de concerts, d'un label de disques, et l'enseigne de trois disquaires : à Angers, la ville où tout a commencé, puis à Bordeaux et à Nantes. Produisant essentiellement des disques de groupes français (Dirty Hands, Les Shaking Dolls, Burning Heads, Drive Blind, Deity Guns, Hint...), la structure, créée notamment par le chanteur des Thugs, a laissé le souvenir d'un label pertinent, exigeant, intègre et éthique.
Le club single du label Black & Noir d'Angers avait repris le fonctionnement de celui du fameux label Sub Pop de Seattle. On s'abonnait pour six mois ou un an et on recevait mensuellement, chez soi, un 45 tours vinyle inédit. C'était autant un truc de collectionneurs qu'une fabuleuse manière de découvrir de nouveaux groupes. Aux USA, ça a largement contribué à faire le buzz autour de Nirvana, Flaming Lips, Tad, Fugazi, L7, Dwarves, Babes In Toyland et même des Thugs d'Angers, puisque leur EP a été la quatrième référence du club ! Celui de Black & Noir était beaucoup moins influent, bien sûr, mais dans le milieu underground hexagonal, c'était tout de même une solide référence, la garantie de découverte des groupes de demain grâce à des personnes de bon goût, le label étant considéré comme celui des Thugs. En vérité, du groupe, il n'y avait qu'Eric Sourice investi dans Black & Noir, mais dans l'inconscient collectif, ça suffisait pour faire de ce label celui des Thugs. Et Les Thugs, à l'époque, c'était le groupe qui mettait tout le monde d'accord. Quand un groupe sortait un disque sur Black & Noir, ça faisait dresser l'oreille. Ça l'installait en un rien de temps. Surtout que, autre détail essentiel, Black & Noir assurait une grosse promotion de ses productions. Les fanzines, nerf de la guerre à l'époque, diffusaient la bonne parole des labels indépendants de manière quasi religieuse. Celle des Thugs, et donc, par affiliation, celle de Black & Noir, était parole d'évangile. Sans Black & Noir, des groupes comme Shaking Dolls, Dirty Hands et donc les Burning Heads n'auraient sans doute pas émergé aussi rapidement.
La compilation des 20 titres de ces deux ans de Club Single sort en même temps que le livre de Patrick Foulhoux 'Black & Noir, enragez-vous !' édité par Metro Beach.