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Ce magnifique coffret est consacré aux oeuvres concertantes pour piano de compositeurs français - des compositions d'une infinie variété qui portent chacune l'empreinte indéniable de leur style national. Le concerto pour piano français fit une apparition tardive sur la scène européenne, et même alors, nombre de compositeurs français choisirent d'associer piano et orchestre en dehors des contraintes de la forme concertante traditionnelle. Ce coffret de 12 CD se concentre sur l'âge d'or du genre - le siècle qui s'étend du Premier Concerto pour piano de Saint-Saëns (1858), oeuvre pionnière, au Concerto pour deux pianos de Françaix (1965), empreint de nostalgie - ainsi que sur deux précurseurs : un Concerto en fa majeur en deux mouvements (1792) du « Mozart français » Boieldieu et les Concerti da camera op. 10 (1832-1838) du génie anticonformiste Alkan. Le coffret s'ouvre sur les cinq concertos pour piano qui jalonnent la carrière de Saint-Saëns, ainsi que sur des pièces concertantes composées dans les années 1880, durant une interruption de vingt ans entre son Quatrième (1875) et son Cinquième (1896). Les années 1880 furent également une période faste pour Franck, contemporain de Saint-Saëns, qui revint au piano après des décennies consacrées à l'orgue et à la musique chorale, créant ainsi des chefs-d'oeuvre concertants tels que Les Djinns et les Variations symphoniques. Cette dernière oeuvre influença la Fantaisie de Claude Debussy, notamment par la répartition des rôles entre l'orchestre et le piano solo et par sa structure. À l'instar de Franck avant lui, Debussy reniera cette oeuvre de jeunesse pour s'orienter vers une nouvelle direction - un choix surprenant compte tenu de l'accueil chaleureux réservé aujourd'hui aux premières oeuvres des deux compositeurs. L'influence de Saint-Saëns et de Franck s'étendit également à plusieurs contemporains de Debussy. Certains se rebellèrent contre la forme du concerto - Gabriel Fauré avec sa Ballade op. 19, composée de plusieurs épisodes, Cécile Chaminade avec son Concertstück op. 40 en un seul mouvement et Vincent d'Indy avec sa Symphonie sur un air de montagne français en trois mouvements - tandis que d'autres l'adoptèrent - le Concerto en ut mineur op. 12 de Gabriel Pierné, imitant le Deuxième Concerto de Saint-Saëns tout en préfigurant Rachmaninov, et l'épique Concerto en fa mineur d'Édouard Lalo, qui rappelle Liszt. Le Concerto en mi bémol majeur de Jules Massenet, commencé au début de sa vingtaine mais achevé seulement au tournant du siècle après ses nombreux opéras à succès, arriva trop tard pour l'évolution du goût de l'époque, qui avait tourné le dos à la virtuosité romantique au profit de l'impressionnisme et du néoclassicisme. Le groupe connu sous le nom des « Six » représentait la génération suivante de compositeurs français explorant ces nouvelles voies au lendemain de la Première Guerre mondiale. Trois d'entre eux figurent dans ce recueil : Francis Poulenc, avec le charme et l'esprit de ses Concertos pour un et deux pianos ; Germaine Tailleferre, avec l'orientalisme impressionniste de sa Ballade ; et le prolifique Darius Milhaud, qui y contribue avec pas moins de cinq concertos pour piano et quatre autres pièces concertantes. Leur jeune collègue Jean Françaix compte parmi les grands noms ayant étudié auprès de l'éminente compositrice française Nadia Boulanger. Elle est représentée ici par sa Fantaisie de 1912, oeuvre visionnaire, tandis que son élève Françaix, à l'instar de Poulenc, propose des Concertos pour un (1936) et pour deux (1965) pianos, le premier dédié à sa professeure et le second rendant hommage à Poulenc. Albert Roussel et Reynaldo Hahn, bien qu'aînés des membres du « Groupe des Six », ne composeront des concertos pour piano qu'à la cinquantaine, en plein entre-deux-guerres. Le concerto de Hahn est présenté ici dans un enregistrement historique exceptionnel remasterisé de 1937, avec le compositeur à la direction et la célèbre pianiste brésilienne Magda Tagliaferro en soliste. Maurice Ravel, lui aussi, s'est intéressé tardivement au concerto pour piano, mais en a composé deux simultanément : l'un pour piano à deux mains et l'autre pour la main gauche seule, sur commande de Serge Koussevitzky et Paul Wittgenstein, respectivement. Les deux oeuvres ont été créées à quelques semaines d'intervalle en 1932.