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Alain Gibert est marathonien. Ce n'est qu'une facette de son identité
et pourtant cela en dit long sur le personnage. Charmant, discret,
élégant, certes. Mais sa gentillesse et sa discrétion ne l'empêchent
pas de savoir où il va, et d'avancer avec la force et la sérénité de ceux
qui savent leur ascension inexorable et méritée.
« Sublime Ordinaire », son premier album, succède à l'EP « les Marches
de l'Opéra » sorti en 2013 et confirme le potentiel affirmé par le
songwriter, à la fois excellent mélodiste et auteur des plus habiles,
mais aussi désormais interprète accompli.
Alain Gibert y poursuit sa collaboration avec le bruxellois Vincent
Liben, qui réalise l'album, et fait appel au multiinstrumentiste Fred
Lafage (Elisa Tovati, Zaz) pour les guitares et les claviers. Ses deux
musiciens de scène sont également de la partie : Emmanuel Marée
(Fréro Delavega, Hugh Coltman) à la batterie et Laurie
Mammoliti (Adrien Gallo, Plastiscines) aux choeurs. Les
arrangements de cordes ont été écrits par Christophe Boissière
(Barth, Emmanuel Tugny) et interprétés par le quatuor du
violoncelliste Jean-François Assy (Alain Bashung, Miossec).
Enregistré il y a quelques mois aux Studios de la Seine à Paris et au Jet
Studio à Bruxelles pour les cordes, l'album a été mixé et masterisé par
Erwin Autrique.
Sublimer l'ordinaire, tel est le modus operandi des chansons qui
composent l'album. Eclairer, filmer le sublime dans ce qui semble
ordinaire. Ce pourrait être aussi une définition du 7ème art. Il est
d'ailleurs presqu'autant question de cinéma que de musique dans ce
disque, ne serait-ce que par l'évocation des titres : « Vertigo », «
Comme Chaplin »... Ensuite parce que le règne des apparences n'est
jamais loin (« Miroir, qui est la plus belle ? »), avec ses promesses
désenchantées (« Hollywood Is Not For You »). Bref, des chansons qui
nous racontent quelque chose (« Comme au Cinéma »), ou qui nous
emmènent quelque part (« Les Rochers d'Along », « Tout Le Monde
Descend »). Et finalement, on s'aperçoit que sublimer l'ordinaire peut
aussi être léger et bucolique (« L'Amour Fenêtre Ouverte »).