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Coups de cœur Cultura
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Pensez-vous souvent aux traces numériques que vous laissez quand vous parcourez le web, achetez en ligne, commentez sur les réseaux sociaux ou passez devant une caméra à reconnaissance faciale ? La surveillance numérique est une réalité de la vie quotidienne. En Chine, elle a des racines historiques profondes et une emprise sans équivalent : on ne paie plus en liquide et toute l'activité en ligne et sur les " super-plateformes " comme WeChat est nominative. Tout, ou presque, est traçable.
Comment les citoyens chinois vivent-ils au quotidien avec cette surveillance ? Ariane Ollier-Malaterre est allée à leur rencontre – des hommes et des femmes de divers horizons – pour interroger leur imaginaire de la surveillance et de la vie privée, à la lumière du contexte historique et sociopolitique chinois.
Ce qu'elle découvre est saisissant. Pour beaucoup de citoyens, la surveillance est indispensable. Ils la justifient par un système cohérent de récits angoissants auxquels répondent des récits rédempteurs : d'un côté les lacunes morales attribuées à la Chine, de l'autre le gouvernement érigé en figure protectrice et la technologie en force civilisatrice et solution à tous les problèmes. Pourtant, ces mêmes personnes expriment frustration, peur et colère à l'égard de la surveillance d'État et élaborent des stratégies mentales sophistiquées pour s'en distancer et s'en protéger.
Riche de nombreux extraits d'entretiens, cet ouvrage donne la parole aux citoyens chinois et propose une réflexion sur le travail de terrain en Chine par les chercheurs venant d'autres cultures.