Le public a-t-il changé ? Et cela influence-t-il votre manière de raconter ?
Fabcaro : Oui, la société a changé et le public aussi, un peu par conséquent. Mais je crois qu’il ne faut pas trop en tenir compte. Il faut garder l’esprit et la magie d’Astérix. De toute façon, l’écriture évolue avec la société, donc les références changent. Ce n’est pas tant en fonction du public, mais de l’évolution du monde. On espère que le public suivra.
Relisez-vous souvent des albums classiques pour vous aider ?
Didier Conrad : Ça dépend des besoins. Si je travaille sur un album de village, je regarde la topographie des anciens pour rester cohérent et choisir ce qui correspond le mieux à ce que j’ai à raconter. Pour les personnages, je pioche un peu partout pour réutiliser les personnages existants ou pour avoir un registre d’expressions.
Fabcaro : Je relis parfois en tant que lecteur, pas vraiment dans le cadre du boulot. Pour m’inspirer je ne relis pas forcément, cependant, si j’ai une idée de blague, je vérifie qu’elle n’a pas déjà été faite. J’ai tellement lu Astérix plus jeune que je suis très imprégné de la culture.
Comment voyez-vous Astérix dans 50 ans ?
Fabcaro : Si c’est bien fait, si les auteurs perpétuent l’esprit, nous et ceux qui passeront après nous, Astérix restera intemporel. Astérix sera le même qu’il y a 65 ans, et le même qu’aujourd’hui.
Didier Conrad : Je pense que l’univers peut se perpétuer à travers les époques. Le design de la série permet de s’adapter aux changements de société. Le vrai défi, c’est de savoir s’il y aura encore des BD papier… et des gens formés pour ce style.
Si vous pouviez vivre dans un des albums d’Astérix, lequel choisiriez-vous ?
Fabcaro et Didier Conrad : Waouh, on ne nous l’a jamais posée celle-là !
Fabcaro : Je vais dire le premier qui me vient : Astérix aux Jeux Olympiques. Idéalement, si tout le village avait suivi, les femmes aussi. C’est un album moitié voyage, moitié village. On part à la découverte d’un autre pays, dans un contexte chouette, mais le village accompagne nos héros. Je le trouve douillet, celui-là. J’en ai cherché un qui ne fait pas peur, contrairement à La Zizanie ou Le Devin, par exemple.
Didier Conrad : Moi, je ne sais vraiment pas ! Parce qu’on a des albums préférés, mais ce ne sont pas forcément ceux dans lesquels on aimerait vivre. Je préfère Astérix et Cléopâtre, mais je n’ai pas forcément envie de vivre dans le désert égyptien. Pourtant, l’Égypte antique, c’est fascinant. Peut-être Le Tour de Gaule, parce qu’on découvre toutes les régions de la Gaule… et on y mange bien !