La rencontre avec Christian Heinrich, dont le dessin a immédiatement donné vie à cet univers, a permis de transformer cette idée en un premier album qui s'est enrichi avec d'autres poulettes...
Le projet était-il dès le départ de publier une série de plusieurs livres, ou est‑ce venu progressivement ?
Au départ, Les P’tites Poules étaient pensées comme un titre isolé, publié en format 10 x 18 cm.
Mais l’album a immédiatement rencontré un enthousiasme fort, aussi bien chez les prescripteurs (libraires, bibliothécaires, enseignants…) que chez les parents et les enfants. Face à cet accueil, PKJ a proposé aux auteurs d’imaginer un deuxième titre… puis un troisième.... La série s’est ainsi développée de manière naturelle, portée à la fois par l’inspiration du duo et par l’attachement du public.
Pourquoi avoir choisi le Moyen Âge ? Est‑ce lié au niveau de langue assez soutenue des albums ?
Le cadre médiéval offre un décor d’aventures foisonnant (chevaliers, légendes, troubadours) qui permet d’orchestrer des péripéties “bigger than life” tout en glissant des clins d’œil historiques. Le langage n’est pas tant “soutenu” que joueur : les auteurs affectionnent les tournures savoureuses, les expressions détournées et les références qui font rire les enfants… et sourire les parents.
Les jeux de mots sont très présents. Comment naissent‑ils ?
Ils naissent d’un goût constant pour la langue : calembours, expressions populaires revisitées, échos littéraires ou historiques. Le principe est de surprendre sans perdre le jeune lecteur : la blague doit fonctionner à la première lecture, avec un “second étage” que les plus grands repèrent. Cet esprit “double détente” fait partie de l’ADN de la série.
Comment trouver l’équilibre entre narration accessible et références plus subtiles pour les adultes ?
La ligne directrice est simple : une intrigue claire, rythmée, compréhensible dès le premier âge de lecture, enrichie de clins d’œil culturels et d’un humour à deux niveaux. Les albums sont pensés pour être partagés : l’enfant profite de l’action et des personnages, l’adulte savoure les références et le sous‑texte.
Y a‑t‑il une histoire qui a particulièrement marqué ? Pourquoi ?
Le point de départ reste emblématique : l’aventure de la petite poule qui rêve de voir la mer. On y trouve déjà les thèmes fondateurs, désir d’émancipation, appel du large, découverte, ainsi que le mélange d’humour et de tendresse qui deviendra la signature de la série.
On y découvre des P’tites Poules intelligentes et facétieuses, capables de se sortir de toutes les situations et d’aider les plus grands !
À qui s’adressent les aventures des P’tites Poules ?
Aux enfants dès 5‑6 ans, mais aussi aux adultes qui les lisent avec eux. La série assume plusieurs niveaux de lecture et s’est installée durablement dans les familles, les bibliothèques et les classes grâce à cet équilibre entre accessibilité, culture partagée et plaisir du récit.
Les P’tites Poules ont fêté leurs 20 ans il y a quelques années. Quel est le secret de leur longévité ?
Un cocktail qui ne se démode pas : des personnages attachants, un univers généreux en références, une vraie complicité entre texte et image, et un humour qui traverse les générations. La fidélité des lecteurs, en France et à l’international, a fait le reste, en transmettant les albums d’une classe d’âge à l’autre.