13 juillet 2026

Interview : Alexandra et Audrey Lorina présentent leur roman Après la nuit le printemps

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Léa - rédactrice

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Alexandra et Audrey Lorina sont sœurs et viennent de publier leur tout premier roman : Après la nuit, le printemps. Dans leur roman, on embarque pour un voyage un peu particulier… Un vol Paris–Tokyo, 13 heures suspendues entre ciel et terre, où tout peut basculer.

À bord, 9 passagers que tout oppose, réunis par le hasard de l’attribution des sièges. Parmi eux, Rachel, l’hôtesse de l’air Ellias le baroudeur, Anne, la voyageuse stressée par son déplacement professionnel ou encore Clara, une femme prisonnière de son couple… Des trajectoires de vie très différentes, et surtout, des destins qui vont se frôler, se révéler… et parfois se transformer.

Rencontre avec les deux autrices.


Alexandra, Audrey, racontez-nous, comment vous est venue l’idée d’écrire ce roman ?

Audrey : J’aimerais pouvoir vous dire qu’on a réfléchi depuis plusieurs années à ce projet, et noirci des dizaines de carnets, imaginé des tonnes de scénarii. Mais pas du tout ! En réalité, tout par d’un sms de ma sœur que je n’ai pas bien lu et auquel j’ai répondu « Ok, vas-y, lance-toi écris ! » Dès le lendemain on a échangé plein de messages pour lancer le projet. Alexandra avait déjà en tête l’idée d’un huit clos en avion, mais c’était un polar. On a rapidement fait un gros brainstorming et des personnages ont commencé à naître. On ne s’est pas du tout mis la pression. Au bout du cinquième jour on avait déjà les premiers chapitres et 5 mois plus tard on a écrit le mot « fin »

Après la nuit le printemps

Après la nuit le printemps

Audrey Lorina, Alexandra Lorina - 14.0€

 Embarquement immédiat pour le vol Paris − Tokyo. Cap sur le pays du Soleil-Levant, à la rencontre des cerisiers en fleurs. Rachel, hôtesse attentionnée, accueille les passagers à bord. Rangée 33, les sièges se remplissent. Neuf inconnus réunis par les hasards de l’algorithme : un couple de japonais de retour de vacances dans la ville lumière, un jeune idéaliste, une femme prisonnière de son couple, un vieil homme en pèlerinage d’amour, un baroudeur, une voyageuse stressée par son déplacement professionnel... Ces treize heures de vol marqueront pour chacun d’entre eux un tournant, parfois doux, parfois brutal. Un huis clos de haute altitude où les destins se frôlent et les mots se libèrent. Et s’il suffisait d’un vol pour changer le cours de sa vie ?
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Comment s’est organisée concrètement votre écriture à quatre mains ?

Alexandra : Alors on ne s’est pas vraiment organisées ! On avait envie d’écrire plus sur certains personnages que d’autres. Par exemple moi c’était Elias. C’est un baroudeur, je baroude aussi alors il m’a inspirée dès le début. Pour Audrey c’était plus Anne qui a peur de prendre l’avion. J’écrivais un chapitre en quelques heures puis je l’envoyais par mail à Audrey qui me faisait ses retours dans les jours qui suivaient. On s’est donc envoyé des milliers de mail pendant 5 mois !

 

Votre roman se déroule lors d’un vol Paris–Tokyo. Pourquoi avoir choisi un huis clos aérien comme terrain de jeu narratif ?

Alexandra : Je suis une grande voyageuse et pour moi le voyage commence dès l’achat du billet d’avion, alors je me suis dit que je voulais la même chose pour les personnages du roman. Quant au huit clos, on s’est dit que ça serait bien pour que les personnages échangent entre eux et qu’ils soient un peu sous la contrainte. Et c’est au bout de quelques semaines d’écriture qu’on s’est dit « Oh mais dans un avion il n’y a pas grand-chose à décrire, en plus c’est un vol de nuit, il n’y a rien à regarder ! » Mais en fait ça nous allait de rester là-dedans.

Audrey : Ça nous a permis de rester sur ce que ressentent les personnages. Le fait d’être dans un décor figé nous permet vraiment de se recentrer sur les émotions.

 

Le temps du vol structure parfaitement votre récit. Comment avez-vous travaillé ce rythme particulier ?

Audrey : Alors moi je ne l’ai pas du tout travaillé !!! [rires]

Alexandra : La partie géographique et temporelle c’est vraiment moi ! J’ai regardé par où passe un vol Paris-Tokyo de 13h. Je me suis notée à quelle heure approximative l’avion survolait tel pays, à quelle heure étaient servis les repas… Tout ça pour que le rendu soit le plus réaliste possible. J’ai voulu faire un vrai timing, comme si on était dans l’avion avec les personnages.

Audrey : On a fait quelques recherches, notamment sur le temps de travail des hôtesses de l’air pour avoir l’air crédible. On a construit la trame du temps qui s’écoule pendant le livre avec quelques mots clés, les chapitres… ça nous permettait de nous orienter

 

Pourquoi un vol pour le Japon précisément ? Avez-vous, vous-même, fait cet aller-retour Paris/Tokyo ?

Alexandra : Je suis partie un mois au Japon en 2024. J’ai visité beaucoup de pays mais celui-là m’a particulièrement marquée. J’ai y ai ressenti comme un magnétisme, j’avais envie d’y retourner. Les gens que j’y ai rencontrés sont d’une bienveillance et d’une douceur comme nulle part ailleurs. Ça m’a donc paru logique que le vol de notre roman aille là-bas. Ça m’a aussi en quelques sortes permis d’y retourner et d’y mettre quelques anecdotes de voyage.

 

Votre roman traite aussi de sujets d’actualité. Était-ce une volonté dès le départ ?

Alexandra : Je suis profondément féministe et je voulais qu’il y ait des valeurs féministes dans notre roman. Je voulais mettre en avant des femmes fortes.

Audrey : Ecrire pour moi ça a vraiment été du plaisir. Pour Alexandra, je sais que ça a aussi répondu à un besoin de poser des choses, de défendre des sujets qui lui tenaient à cœur.

 

Il y a beaucoup d’anecdotes de voyage dans le livre. Sont-elles tirées de vos expériences personnelles ?

Alexandra : Certaines le sont, oui. Quand Elias, qui est déjà allé au Japon, raconte des anecdotes à sa voisine, ce sont des choses que j’ai vraiment vécues.

Audrey : On a mis beaucoup de nous-même dans ce livre et dans les personnages. Je crois que ça leur a permis d’être un peu réels.

 

Les trajectoires des personnages semblent se croiser émotionnellement : aviez-vous une cartographie précise de leurs interactions dès le départ ?

Alexandra : Pas vraiment ! Au début on ne savait pas très bien comment ils allaient être positionnés dans l’avion, c’est pour ça aussi qu’on a fait un schéma. Au début on les a un peu assis au hasard et plus on vivait avec les personnages, plus on a commencé à imaginer leurs conversations.

Audrey : Nos personnages se sont enrichis au fur et à mesure de l’écriture. Ils ont grandi en même temps que le livre existait.

Alexandra : On ne voulait pas que nos personnages soient décrits physiquement pour laisser libre court à l’imagination des lecteurs. Sur notre schéma, les personnages étaient de dos.

Audrey : Ce schéma nous a aussi permis de nous orienter dans l’avion. Il a aussi aidé quelques lecteurs qui ont eu besoin d’y retourner quelques fois pendant leur lecture.

 

Si vous deviez embarquer l’un de vos personnages pour un voyage, lequel choisiriez-vous ? Et pourquoi ?

Audrey : Alors moi pour le côté très pratique je prendrais Elias parce qu’il sait où il va et que je ne sais pas m’orienter donc il pourrait m’aider !

Alexandra : Moi je prendrais Anne parce qu’elle est drôle, elle dit les choses sans réfléchir et je me dis que sur un vol de13 heures, ça peut être chouette de discuter avec elle pour passer le temps.

 

Comment se passe la publication avec L’Ecritoire ? Racontez-nous votre expérience.

Audrey : L’Ecritoire est une plateforme d’autoédition, accessible à tous, sur laquelle on vient déposer son récit. Ensuite on décide de ce qu’on attend de la plateforme : juste une mise en page, des conseils rédactionnels, une correction orthographique, de la promotion une fois le livre sorti… On choisit donc la formule qui nous convient et au bout de 2 mois on nous envoie un pdf avec une couverture provisoire. On peut y apporter des corrections.

 

Avez-vous des conseils à donner à quelqu’un qui souhaite se lancer dans l’écriture mais qui n’ose pas ?

Audrey : Être bien entouré ! Peut-être ne pas trop se mettre d’objectifs précis en tête. L’écriture, selon moi, doit rester un plaisir et prend le temps que ça doit prendre. Et puis bien sûr s’autoriser à croire en ses capacités.

 

 

Propos recueillis le 30 juin lors d’une rencontre avec des lecteurs.