Après l’univers et l’infiniment grand, il y a quelques années, qu’est-ce qui vous a amené à vous intéresser à la « vie », le vivant et l’infiniment petit ?
Je trouve toutes ces disciplines absolument fascinantes. Il y a quelques siècles, nos ancêtres ont découvert qu’il était possible de trouver des lois dans la Nature et ainsi, grâce à elles, de remonter dans le temps, de comprendre l’histoire du cosmos aussi bien que la nôtre, celle du vivant. Je considère qu’il y a un savoir et non pas plein de petites connaissances parsemées : tout se recoupe et se rejoins ! C’est fabuleux !
Vous êtes un formidable conteur et vous rendez des concepts à priori compliqués relativement simples (en rendant le lecteur quasiment acteur de l’histoire). Comment faites-vous ? Comment travaillez-vous ?
Mon but, dans mes livres et dans me conférences, est de raconter une histoire. Tout le monde aime les histoires, depuis toujours. Pire : je pense même que nous en avons tous besoin ! Alors voilà, mon rôle est de traduire la connaissance en histoires, en ressentis, en émotions, afin de plus avoir à « expliquer » mais à « décrire ». Dans La Vie à portée de main, mon but est de réellement emmener les lecteurs à différentes époques de la Terre, à différents endroits de l’univers, comme s’ils pouvaient voyager dans le temps et dans l’espace, à la recherche de ce que nous sommes.
Vous êtes physicien théoricien, vous avez travaillé avec S. Hawking, vous auriez pu poursuivre votre carrière dans la recherche. On a déjà dû vous poser la question des dizaines de fois, mais pourquoi vous êtes-vous plutôt tourné vers la vulgarisation scientifique au plus grand nombre ? Est-ce plus difficile de s’adresser au grand public ou à des scientifiques spécialistes ?
Parce que c’est important ! (De plus en plus, il semblerait…). Le savoir scientifique fait partie de notre patrimoine à toutes et à tous. Nous en avons hérité de nos ancêtres, il appartient à l’humanité tout entière. Sans tous ces chercheurs, sans toutes ces chercheuses du passé, jamais nous n’aurions découvert les beautés de l’univers que nous connaissons aujourd’hui. C’est pour cela que je me suis mis à vulgariser, alors que j’étais à un plutôt haut niveau de recherche. Pour transmettre. Pour donner envie. Pour partager les merveilles. Pour éloigner l’obscurantisme et faire du bien grâce à la connaissance plutôt que de laisser les peurs et les manipulations se propager.
S’adresser au grand public est plus long que de s’adresser aux spécialistes car il existe, entre spécialistes, un jargon adapté. Pour le grand public, je n’utilise jamais de terme technique, je n’utilise jamais d’équation. En faisant confiance à l’imagination des lecteurs, j’essaie de faire rêver, car je suis absolument persuadé que tout le monde peut tout comprendre.
D’ailleurs, de tous les messages que je reçois, ceux qui, de loin, me font le plus plaisir – m’émeuvent même – sont ceux de jeunes femmes et de jeunes hommes qui m’écrivent, à 18 ou 20 ans, pour me dire qu’ils se sont destinés à des carrières de scientifiques après avoir lu mes livres. Peu de choses me font plus plaisir que cela.
Vos premiers livres (seul) sont des romans pour la jeunesse. Vous continuez d’ailleurs à écrire pour les plus jeunes avec Les explorateurs de l’univers. En quoi est-ce différent de s’adresser à un public d’enfants ou d’adolescents ? Est-ce plus difficile ?
Dans les deux cas, qu’il s’agisse de livres à destination d’un public jeunesse ou adulte, le but est de raconter une histoire. Pour la jeunesse, ce qu’il y a en plus, ce sont des personnages, et effectivement, cela prend un peu de temps pour les caractériser et leur donner une individualité, mais j’adore faire ça aussi ! Et une fois de plus, quand je vois le sourire dans les yeux des enfants, c’est que c’est réussi !
Pour terminer, l’un des leitmotivs de Cultura, c’est que le plus grand nombre d’entre nous prenne le goût à la lecture. Et vous, quel est votre rapport au livre et à la lecture ? Est-ce que vous pourriez nous parler d’un livre qui vous a marqué ? Avez-vous des influences littéraires ?
J’adore lire. Je lis tous les soirs avant de m’endormir. C’est tellement agréable que de partir en rêves grâce à cela, qu’il s’agisse de l’espace, du tout petit, ou d’un roman !
Je crois qu’un des livres qui m’a le plus marqué est… Le conte de Monte Cristo ! J’adore cette histoire, elle est tellement jouissive !!
Merci, Cultura, pour toutes ces questions ! Et que les étoiles brillent sur les rêves de toutes vos lectrices et de tous vos lecteurs !