28 août 2026

Interview : Claudie O. Wetterwald présente son roman « Ce qui dort sous le camélia »

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Léa - rédactrice

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Claudie O. Wetterwald publie son deuxième roman, Ce qui dort sous le camélia aux éditions du Gros Cailloux. Une dystopie qui aborde des sujets comme la sororité et le courage.

Sélectionnée pour le Prix Talent Cultura 2026, l’autrice partage dans cette interview la genèse de son roman, ses inspirations et son rapport à la lecture.


Pouvez-vous présenter votre roman pour les lecteurs qui ne l’ont pas encore lu ?

Imaginez un black-out total. Plus d’électricité, plus d’eau, plus aucun moyen de communication. On suit le destin de deux femmes dont le quotidien va basculer dans le chaos et qui vont devoir traverser cette période, appelée « le Désastre », chacune à sa manière.

D’un côté, on a Lisenn, une jeune femme enceinte, isolée dans la campagne iséroise avec ses belles-filles. De l’autre, Rym, une avocate coincée dans un hôpital au chevet de son père mourant.

En parallèle, on les retrouve quelques années plus tard, lors d’un procès extraordinaire, chacune d’un côté de la barre. Un procès où ne sont jugées que des femmes, à qui on reproche d’avoir commis le pire durant cette période sombre.

La question n’est pas de savoir pourquoi ni comment le Désastre s’est produit mais ce qu’on aurait fait à la place de ces femmes.

C’est un roman qui parle de sororité, de courage, de valeurs humaines, mais aussi de la violence des hommes et de l’espoir d’un monde meilleur.

Ce qui dort sous le camélia

Ce qui dort sous le camélia

Claudie O. Wetterwald - 21.0€

ROMAN FINALISTE PRIX DU ROMAN FNAC 2026, FINALISTE PRIX TALENT CULTURA 2026 ET EN SÉLECTION GRAND PRIX DES LECTRICES ELLE 2027 !  

« Si ceux qui veulent nous intimer le silence sont furieux contre nous, ce n’est pas pour nos crimes, mais parce que nous leur avons fait le plus terrible des affronts. Nous avons survécu. »

Elles sont 254, alignées sur les bancs des prévenues d’un procès extraordinaire.

Des femmes de tous âges, de tous milieux, accusées d’avoir commis le pire au cours du Désastre.

Parmi elles, il y a Lisenn Delors. Jamais on ne la soupçonnerait du moindre crime. Et c’est peut-être cela qu’on lui reproche le plus.

Pour la défendre, Rym Kettani, son avocate, replonge dans ses souvenirs de cette période sombre.

Elle aussi y a survécu, mais le monde d’après semble encore pire.

Dans ce roman aux personnages profondément humains, Claudie O. Wetterwald  nous confronte à nos propres dilemmes. Elle décrit avec finesse la fragilité d’une société quand survient le chaos et envoûte son lecteur jusqu’au mot fin.

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Quelles ont été vos inspirations pour votre roman ?

Mes inspirations ont été multiples. Même si je n’en ai pas vraiment eu conscience pendant l’écriture, le contexte sociétal de 2024, année où j’ai commencé le roman, a forcément influencé la construction du récit : le procès de Mazan, les importantes évolutions juridiques concernant les droits des femmes… Tout cela a nécessairement nourri, d’une manière ou d’une autre, mon imaginaire.

La nature et les paysages de mon quotidien ont également joué un rôle essentiel dans la construction de cette histoire. Et puis il y a eu ma propre grossesse, ainsi que toutes les lectures et les podcasts que j’ai découverts et écoutés autour de ce sujet. Cette expérience personnelle a sans doute apporté une dimension particulière à mon écriture.

Sur le plan littéraire, j’ai été marquée par plusieurs autrices, notamment Jean Hegland avec Dans la forêt, Laura Kasischke, Suzanne Collins avec la saga Hunger Games, ou encore Emily St. John Mandel avec Station Eleven. Depuis ma lecture de ce dernier roman, je savais que, si je parvenais un jour à écrire un roman d’anticipation, je voudrais qu’il soit porteur de la même lumière et du même espoir.


Qu’est-ce que ça fait d’écrire un deuxième roman ?

C’est dur. Très dur. Particulièrement dur lorsqu’on se lance dans l’écriture alors qu’on attend un deuxième enfant ! Et pourtant, c’est dans ce contexte que l’idée est née. Pendant des mois, je l’ai imaginée sans parvenir à écrire un mot. Les personnages m’habitaient déjà mais le challenge me paraissait trop vertigineux. Et puis j’ai tout écrit d’une traite à la sortie de la maternité… ce qui m’a quand même pris des mois !

 

Qu’aimeriez-vous que les lecteurs retiennent après avoir terminé votre roman ?

J’aimerais qu’ils gardent une image lumineuse du récit, portée notamment par la puissance de la sororité. J’aimerais que, malgré les épreuves traversées par les personnages, il leur reste quelque chose de profondément positif et une forme d’espoir.

 

Que représente la lecture pour vous ?

Pendant très longtemps, j’aurais répondu que c’est un moyen de s’évader de son quotidien, de laisser derrière soi ses soucis pour s’envoler vers d’autres mondes.

Aujourd’hui, ma réponse est plus nuancée. Lire est toujours un moyen de s’évader, mais c’est aussi une façon de regarder le monde réel sous un autre prisme, de le questionner, de le penser et, parfois, de le comprendre autrement.

 

Quels sont les auteurs qui vous ont donné envie d’écrire ?

J’écris depuis l’enfance et je crois que mes premières envies d’écriture sont nées avec Le Club des 5 d’Enid Blyton et les livres de Cécile Aubry.

Plus tard, il y a eu Philip Pullman, puis Robin Hobb, pendant ma grande période fantasy !

Quand je me suis lancée plus sérieusement dans l’écriture, je pense que j’ai aussi été beaucoup inspirée par des autrices classiques comme Jane Austen, les sœurs Brontë ou Mary Shelley, en particulier grâce à mes études en littérature anglo-saxonne, mais aussi par des autrices plus contemporaines comme Myrielle Marc, Gillian Flynn et Donna Tartt.


Pourquoi voter pour votre roman ?

Peut-être parce qu’il soulève des sujets très actuels tout en parlant de sentiments profondément universels. Je crois que chacun peut se retrouver, à sa manière, dans les personnages, parce qu’ils ne sont ni tout à fait innocents ni totalement coupables : ils sont simplement humains, avec leurs forces, leurs failles et leurs contradictions.

 

Ça vous ferait quoi de gagner le Prix Talent Cultura 2026 ?

Honnêtement, je pense qu’il me faudrait un peu de temps pour réaliser que cela arrive vraiment ! Ce serait une chance incroyable et un formidable tremplin pour aller à la rencontre des lecteurs.

Et peut-être même que cela m’aiderait enfin à oser me présenter comme autrice quand on me demande ce que je fais dans la vie !