27 août 2025

Interview : Fabrice Caro présente son roman Les derniers jours de l’apesanteur

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Laetitia - libraire Cultura Rivesaltes

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Fabrice Caro, est un auteur de bande dessinée, romancier et musicien français né en 1973 à Montpellier.

On lui doit notamment l’hilarante BD Zaï Zaï Zaï ainsi que le roman Le discours, adapté au cinéma par 2020 en Laurent Tirard. Son nouveau roman Les derniers jours de l’apesanteur sort en pleine rentrée littéraire.

A cette occasion, nous l’avons rencontré pour lui poser quelques questions sur son livre, ses inspirations et son goût et talent indéniable pour la comédie. Découvrez son interview


Chacun de vos romans est atypique, unique et vous abordez à chaque fois un thème nouveau, c’est ce qui me plait beaucoup dès que je commence à vous lire.

Oh merci Laëtitia, je suis très touché !

 

Pouvez-vous nous résumer en quelques mots l’histoire des Derniers jours de l’apesanteur.

Il s’agit de la chronique d’une période de Terminale au lycée durant l’année scolaire 1989-90. On suit un lycéen, Daniel, le narrateur, et ses deux amis, sur quelques semaines/mois, avec le bac à réviser, les filles, les sorties, la famille…

Emmanuelle

Emmanuelle

Cultura Auxerre

Les derniers jours de l'apesanteur
Terminale C, Terminale A2, Terminale G3 Si vous avez passé le bac dans les années 80, ce livre vous parlera! Nostalgique, tendre, et surtout drôle, ce roman est une vraie pépite!
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coup de cœur

Comment vous est venu l'idée du personnage principal Daniel, cet ado à la fois drôle et fragile ? Vous reconnaissez-vous dans cet ado tourmenté ?

Mes narrateurs me ressemblent toujours un peu et ont sensiblement l’âge que j’ai au moment où j’écris le roman. Ici, j’ai simplement fait un petit bond dans le temps : le narrateur a dix-huit ans et ressemble un peu à celui que j’étais à dix-huit ans… peut-être en plus tourmenté, plus névrosé et moins léger. Mes personnages sont toujours une version un peu exagérée de moi-même, c’est moi en un peu pire, du moins j’espère…

 

Pourquoi avoir choisi les années 80 avec ce côté très vintage ? Pensez-vous que votre roman peut parler autant aux jeunes lecteurs d’aujourd’hui qu’aux adultes nostalgiques ?

C’est très égoïste, avant tout pour me faire plaisir et passer un petit moment avec mon adolescence : l’année scolaire 89-90 est celle de ma Terminale à moi. Je me suis demandé si mon histoire toucherait une autre génération que la mienne, soit plus jeune, soit plus vieille… Et puis je me suis souvenu qu’un de mes films cultes est Le péril jeune de Cédric Klapisch, une année de Terminale en 1975. J’avais deux ans, et pourtant tout me touche dans ce film. Je crois que l’année de Terminale est une année très particulière, intemporelle, qu’on vit de la même façon quelle que soit l’époque, dans un mélange d’exaltation, de stress, de fin de l’adolescence et de promesse de nouvelle vie. Bon, cela dit, les références musicales risquent effectivement de ne pas parler à toutes les générations…

 

Vous mettez dans vos romans toujours beaucoup d'humour, est-ce pour vous une forme de pudeur ou bien la possibilité de parler de choses graves sans en avoir l'air ?

Les deux. Je suis trop pudique pour aborder frontalement des sujets qui me tiennent à cœur, alors je passe par l’humour. Mais c’est aussi que j’ai un goût profond pour la comédie, c’est un genre que je revendique totalement, tous mes romans sont des comédies, même si j’y parle en filigrane de choses plus graves. Je tiens l’humour en très haute estime, ça n’a jamais été pour moi un sous-genre, au contraire, il faut être très sérieux quand on fait de l’humour.

 

Si vous aviez un conseil à donner au lycéen d'aujourd'hui pour arriver à passer cette étape importante de la vie, lequel serait-il ?

Travaille mais n’oublie pas de vivre, c’est une parenthèse enchantée trop précieuse pour la gâcher. Et, t’inquiète, tous ces petits moments de stress se transformeront avec le temps en souvenirs merveilleux. Bon, c’est un peu cucul comme message, le lycéen va se moquer de moi !

 

Quels sont les autrices et auteurs qui vous inspirent ? En attendez-vous certains avec impatience pour cette rentrée littéraire ?

Je ne devrais peut-être pas dire ça mais la rentrée littéraire n’a pas beaucoup de sens pour moi. Je découvre souvent les livres à contre-temps, ce qui est bien aussi, on laisse passer la vague bruyante, on a une opinion plus claire et plus personnelle. J’aime flâner dans les librairies, prendre des livres, les feuilleter au hasard, marcher au coup de cœur, attendre qu’un livre m’appelle. Je pense vraiment que, dans les rayons, certains livres vous choisissent plus que vous ne les choisissez (je vais passer pour un illuminé…) J’adore découvrir des livres sortis de nulle part pas forcément sous le feu des projecteurs, comme ça, au hasard.

Quant aux auteurs qui m’inspirent, la liste serait trop longue, elle serait la somme de tous ceux que j’ai aimés depuis que je suis enfant, ça fait beaucoup...

 

Que vous évoque une librairie ?

C’est le cocon douillet, le fief, la maison, le seul « magasin » dans lequel je me rende avec plaisir. Chaque fois que j’arrive dans une nouvelle ville, une des premières choses que j’y cherche ce sont les librairies. Je pourrais passer des heures dans une librairie à traîner entre les rayons sans voir le temps passer.

 

Et pour finir quels sont vos livres de chevet et pourquoi ?

Là aussi il y en a tellement… Mais j’ai remarqué que je reviens régulièrement dans ma vie à Brautigan. Comme un réservoir de liberté narrative, d’humour tendre et de poésie auquel j’ai besoin de me ressourcer régulièrement.