Vous racontez l'histoire de votre grand-mère Marie, c'est donc un ouvrage très personnel que vous nous donnez à lire, pourtant c'est un roman très universel, d'après-vous pourquoi ?
C’est en effet avant tout un récit romanesque, une traversée du vingtième siècle aux côtés de femmes comme il a dû en exister dans chaque famille, rurale et citadine, des héroïnes du quotidien d’une force incomparable. C’est en ce sens que ce livre est universel.
Marie, le personnage principal est une femme d'une grande force, de même que sa mère. Ces caractères résilients et allant de l'avant sont-elles à l'origine de vos précédentes héroïnes ? Sont-elles selon vous des modèles pour les femmes d'aujourd'hui ?
Plus largement, ce livre est la pierre angulaire de tous les autres. Je ne sais pas si Anna et Marie sont des modèles pour les femmes d’aujourd’hui. Ce dont je suis certain, c’est qu’elles le sont pour moi.
La vie a parfois été très violente et cruelle avec Marie, pourtant il y a plus de douceur et de tendresse dans ce roman que dans vos précédents (parfois très noirs et durs), est-ce une volonté de coller au caractère du personnage ? Est-ce venu naturellement ?
C’est ce qu’était Marie : Forte et douce. Le monstre, l’ogre, qui rôdent souvent dans mes livres, est cette fois incarné par le destin, le temps des guerres, et quelques malfaisants croisés aux abords des Vieilles Granges.
La première moitié de la vie de votre héroïne est bien détaillée mais moins la seconde moitié, pourquoi ? Etait-ce plus difficile pour vous de raconter ce qui vous est plus proche ? Y-avait-il moins d'événements marquants selon vous ? Vos lecteurs connaissent-ils mieux cette époque plus récente ?
Dès que Marie passe la main à son fils, Louis, j’avais le sentiment d’un effacement progressif. L’écriture a suivi tout naturellement ce processus. Et puis, ce livre en appelait déjà un autre…
Quelle partie de la vie de Marie vous a le plus fasciné, surpris ou étonné ?
Toute sa vie est fascinante. Les grands bonheurs et les grandes tragédies se succèdent. Mais, ce qui force l’admiration, c’était sa dignité, sa faculté d’endurer, de ne jamais renoncer, de déceler la moindre parcelle de beauté offerte, d’enchanter le réel. Je mesure chaque jour l’immense héritage qu’elle m’a légué.
Quels sont les autrices et auteurs qui vous inspirent ? En attendez-vous certains avec impatience pour cette rentrée littéraire ?
Je pense notamment à Laurent Mauvignier, Antoine Wauters, Joseph Incardona, Sorj Chalandon mais il y en a d’autres.
Que vous évoque une librairie ?
C’est le lieu des grandes découvertes, anciennes et récentes, celui où je me rends chaque semaine pour fouiner, discuter, partager ma passion. Je n’en repars jamais sans un livre.
Nous vos remercions de vos réponses et en plus de votre roman, nous adorons le visuel de couverture
Merci à vous !
Propos recueillis par deux collaboratrices Cultura : Aurore acheteuse livre et Marianne libraire au Cultura d'Aubière.