08 août 2024

Interview : Johana Gustawsson, membre des Louves du polar

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Charlotte - Rédactrice

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D'origine marseillaise, l'écrivaine Johanna Gustawsson habite désormais en Suède après avoir séjourné quelques années à Londres. Diplômée de science politique, la romancière a tout d'abord été journaliste pour la télévision française avant de se lancer dans son aventure littéraire. Ses romans Block 46, Mör et Sang mettent en scène les enquêtrices Emily Roy et Alexis Castells. 

Nous avons à cœur de mettre en lumière le collectif féminin Les Louves du Polar à travers une série d'interviews. Le but de ce collectif ? Mettre en valeur le polar féminin souvent en manque de visibilité dans les rayons des librairies et des enseignes culturelles par rapport à leurs semblables masculins.

Bonjour Johana Gustawsson. Pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?

Je suis un une autrice de polar, maman de trois vikings, encore assez « mini » et tout aussi énergiques que leur mère (malheureusement). Marseillaise d’origine valencienne, je vis bien loin de mon soleil provençal, en Suède, sur une île du nom de Lidingö.

Que représente pour vous le collectif les Louves du polar ?

On nous demande souvent si ce n’est pas un mouvement issu du « Me too » et je réponds que non, pas du tout, c’est plutôt un « Me also » c’est-à-dire « moi aussi ». Nous aussi, les femmes du polar, nous existons et nous écrivons des histoires à vous faire passer des nuits blanches. C’est un « Me also » qui se construit avec nos collègues masculins qui nous soutiennent haut et fort. Notre but est de faire connaître aux lecteurs et lectrices certaines plumes féminines encore méconnues et de montrer que l’écriture, au fond, n’a pas de sexe.  

Votre collectif appelle à s’agrandir. Que diriez-vous à une autrice souhaitant rejoindre la meute ? Comment faire si on est intéressé ?

Je lui dirais que nous l’accueillons les bras grands ouverts et qu’elle nous contacte via les réseaux sociaux, tout simplement.

Pouvez-vous nous présenter votre dernier roman, L’île de Yule ?

Avec plaisir ! Emma Lindhal cogne à la porte d’un manoir sur la petite île de Storholmen, en face de Stockholm. Experte en art pour la prestigieuse maison de vente aux enchères Von Dardel’s, elle doit dresser l’inventaire des œuvres et du mobilier précieux de la famille Gussman, la quatrième plus grande fortune de Suède.  L’île et son manoir ont une réputation sulfureuse, car neuf ans plus tôt une adolescente a été retrouvée pendue à un arbre du domaine, les cuisses entaillées, les gros orteils attachés et une paire de ciseaux accrochée autour du cou (ou je sais c’est fun !). Peu après l’arrivée d’Emma, un nouveau meurtre se produit : une jeune femme est découverte sous la glace, morte, et tout laisse penser qu’elle a été victime du même tueur. Avec le commandant Karl Rosén, Emma est entraînée dans une enquête glaçante, beaucoup plus personnelle qu’on pourrait le croire, et plonge malgré elle dans le secret des rites vikings et des sombres amours.  Donc, couvrez-vous bien avant de vous embarquer du côté de chez moi, parce qu’il y fait sacrément froid !

Alicia

Alicia

Cultura Montivilliers

meurtre et rite
Une île presque déserte au large de la Suède. Une adolescente assassinée sur le terrain de riches propriétaires, puis une autre. Tueur en série ou rite viking, c'est là tout le mystère
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coup de cœur

Vous vivez en Suède. Votre nouveau roman L’île de Yule, est paru en janvier 2023. Vous y reprenez en partie les codes du polar scandinave. Quelles sont vos influences ?

J’ai imaginé l’histoire de L’Île de Yule sans songer au fait que je voulais en faire un pur polar scandinave (aussi pur qu’une Marseillaise émigrée chez les Vikings peut le faire !). J’ai adoré lire Mankell dont je reste une grande fan, mais cette histoire s’est dessinée comme mes précédentes, sans songer à la forme ni au genre, en me laissant posséder par l’histoire. Ici, je me suis laissée transportée et portée par cette île piétonne qui m’inspirait tant. C’était comme si, dès que j’avais mis un pied sur Storholmen, tous ses fantômes m’avaient murmuré leurs plus terribles secrets. Et puis l’histoire du manoir est tragique à souhait, elle ne pouvait que m’inspirer : construit au début du siècle dernier par un riche industriel qui perdit ensuite toute sa fortune lors du krach boursier de 1929. Imaginez combien mon imagination a été titillée !

 

Vous faites également parti de la sélection du Prix de la Ligue de l'imaginaire 2023. Que représente la Ligue de l'imaginaire pour vous ? 

La Ligue de L’imaginaire, c’est une une “Justice League” à la française, avec la plume qui remplace les poings. Une ligue formée d’une vingtaine de mes consœurs et confrères très inspirés, qui, depuis quinze ans, défendent haut et fort la littérature populaire et ses mauvais genres, en revendiquant leur force et leur richesse.

Pour finir, avez-vous un récent coup de cœur à partager ?

Pour rester dans le polar scandinave, j’ai adoré L’Archipel des Larmes de la Suédoise Camilla Grebe.

Merci Johana Gustawsson d'avoir accepté de répondre à nos questions !