Vous brossez le portrait d'une femme shérif aux antipodes de ce que le lecteur puisse attendre de ce rôle, est-ce un parti pris revendiqué ?
Après Blizzard je voulais plusieurs personnages féminins « forts ». Lauren qui se retrouve élue shérif sans trop y avoir cru, se pose des questions sur sa légitimité qu’un homme ne se poserait sans doute pas. En cela elle est différente de l’image du shérif que nous pouvons avoir en tant qu’européen. Le parti pris c’était vraiment de se demander comment une femme qui occupe un poste aussi genré – au moins dans notre imaginaire – se débrouille pour combiner ce qu’elle est intimement avec ce que l’on attend d’elle.
Tout comme dans Blizzard, vous adoptez la construction narrative en chorale, c'est une forme dans laquelle vous vous sentez le mieux pour écrire ?
C’est une construction que j’affectionne particulièrement, il n’y a pas de plus grand plaisir pour moi que de me glisser dans la tête de mes personnages. Comment parlent-ils, comment bougent-ils, comment réagissent-ils, qu’est-ce qui les anime ?
Vous avez connu un très grand succès avec votre premier roman, est-ce que cela vous a aidée à écrire votre second roman ?
Pas dans un premier temps… On m’avait tellement prévenu que les seconds romans étaient jugés sévèrement après un premier succès que pendant plusieurs mois j’ai été incapable de poursuivre l’écriture des Ames féroces qui était pourtant bien commencée. Il a fallu que la pression retombe un peu pour que je parvienne à m’y remettre.
Quelles sont vos attentes pour cette prochaine rentrée littéraire et que représente-t-elle à vos yeux ?
C’est un moment de frénésie un peu étrange. Pour autant, je n’ai pas d’attentes précises même si évidemment j’aimerais que Les Ames féroces trouve aussi son public !
Quelles sont vos lectures du moment ?
Je lis beaucoup l’été mais j’ai fini ces vacances en ayant commencé trop de livres en même temps. Je voudrais vraiment terminer la lecture de Et devant moi le monde de Joyce Maynard, un livre assez sidérant sur sa relation à l’âge de 18 ans avec Salinger – qui en comptait 35 de plus – et les conséquences qu’elle a eues sur sa vie. Je lis également Le paradis des fous de Richard Ford et je suis bluffée, alors que l’histoire est tout sauf drôle, par l’humour et la dérision avec lesquels il traite son sujet.
Que vous évoque une libraire, un libraire ?
Les libraires ont été sans doute la meilleure partie de la promotion de Blizzard. Le métier est éprouvant – les lecteurs ignorent l’envers du décor et les palettes de cartons – mais leur enthousiasme est tellement communicatif. Un libraire ne vous parle que des livres qu’il aime et c’est une façon de voir les choses qui fait vraiment du bien.
Propos recueillis par David