retirez en magasin sous 2h
magasin dès le lendemain
4 fois sans frais par carte bancaire
sous 30 jours
Dernières recherches
Aurore - Acheteuse littérature
Entre conte initiatique, fable poétique et réflexion sur la nature humaine, Le Phare de l'impossible entraîne le lecteur jusqu'aux confins du monde habité, sur l'île vertigineuse de Muckle Flugga.
Dans ce roman où se mêlent folklore, imaginaire et quête de soi, Michael Pedersen donne vie à des personnages profondément humains, aussi lumineux qu'ambigus, et explore avec sensibilité les liens entre amour, beauté et transformation.
À l'occasion de la parution du Phare de l’impossible, nous avons rencontré l'auteur écossais pour évoquer la genèse de son phare, ses personnages et sa vision résolument optimiste de l'existence.
Oh, les raisons de choisir Muckle Flugga ne manquent pas ! J’en ai tout un panier bien garni. En voici déjà quelques-unes.
En écrivant ce roman, je me suis en quelque sorte lancé dans une chasse au trésor pour trouver un phare qui puisse accueillir ces personnages et cette histoire. Au départ, j’imaginais un phare sur la côte de l’Écosse continentale, près d’un petit port. Puis, tout à fait par hasard, je suis tombé sur Muckle Flugga. J’étais à Unst pour un voyage de repérage et, le lendemain, on nous a invités à bruncher dans un « endroit intéressant ». Le bâtiment s’est révélé être la station côtière de Muckle Flugga, où logeaient les gardiens lorsqu’ils n’étaient pas de service. Après le brunch, nous sommes partis pour une longue randonnée et, soudain, il était là : tel le dernier géant au bout du monde, un phare dressé comme un fanal sur la route des baleines, colossal, improbable, presque irréel.
À partir de cet instant, il n’y avait plus d’autre endroit où ce roman pouvait se dérouler. C’était le mélange idéal : un lieu d’une richesse historique fascinante, profondément imprégné de folklore, qui me permettait d’être tour à tour fidèle et infidèle à l’histoire réelle de sa création.
Le véritable Muckle Flugga est né de la guerre (la guerre de Crimée) et, d’une certaine manière, il n’a jamais cessé de se battre depuis. Mais, selon le folklore des Shetland, les îles de Muckle Flugga et de sa voisine Out Stack seraient nées d’une querelle entre deux géants qui, emportés par une dispute furieuse, se lançaient d’énormes rochers dans l’océan. Les rochers étaient si gigantesques qu’ils finirent par devenir les îles elles-mêmes. Mon livre allait pouvoir s’emparer de ces deux récits, les mêler et les explorer — et quel bonheur de pouvoir le faire.
Et quel frisson de situer une histoire sur une île plus proche du pôle Nord que de Londres ! Imaginez la puissance avec laquelle l’abîme pourrait vous attirer à lui ; les merveilles qu’il pourrait receler, et les tours que pourraient jouer les vagues.
Et puis Muckle Flugga est un nom en soi absolument fascinant — une petite merveille de lettres, héritée du vieux norrois. Même en Écosse, la plupart des gens pensent que j’ai inventé cet endroit. Ou que j’essaie de faire passer, sous couvert d’un nom innocent, un gros mot particulièrement bien déguisé.
Sur l’île de Muckle Flugga, le point habité le plus septentrional du Royaume-Uni, se dresse le Phare de l’Impossible, un des fameux phares Stevenson. Un père et son fils le gèrent ensemble, accueillant parfois des pensionnaires, ornithologues pour la plupart.
Lorsqu’un des locataires – Firth, un écrivain perdu – arrive d’Édimbourg, les limites du monde auquel le gardien et son fils, Ouse, s’accrochent commencent à s’effriter. Un bras de fer s’engage entre Firth et le gardien de phare pour gagner l’affection d’Ouse – et son avenir. Alors que les anciens et les nouveaux modes de vie se heurtent, et que l’heure des grandes décisions approche, que laisseront les marées dans leur sillage ?
Oui, je ne voulais surtout pas qu’il y ait de héros ou de méchants tout désignés. La plupart d’entre nous sommes des êtres ambivalents, des âmes partagées, capables d’une bonté absolue tout en étant traversés par des traits plus complexes qui, passés au microscope de la morale, peuvent nous conduire à des comportements égoïstes ou manipulateurs. C’est ce territoire trouble où les choses se compliquent : celui où l’on fait des choses terribles en croyant agir dans l’intérêt de quelqu’un qu’on aime, ou bien où nos meilleures intentions nous poussent à commettre des actes pour le moins discutables.
Nous ne sommes tous que de petites pièces de puzzle à la recherche de l’endroit où elles pourront s’emboîter, avant de perdre leur forme. Et cette urgence peut pousser les gens, dans le feu du moment, à faire des choses désespérées — voire impardonnables.
Je voulais, dès le départ, qu’Ouse et Firth aient chacun le sentiment d’être la réponse à une question que l’autre commençait tout juste à apprendre à se poser. Que l’un incarne quelqu’un né pour l’immobilité, tandis que l’autre s’épanouit dans le tumulte. Une bougie et un feu d’artifice, tous deux nourris par le feu, mais dont la flamme éclaire l’être de manière radicalement différente. À mesure qu’ils apprennent à déchiffrer les nuances de l’autre, ils comprennent qu’ils sont à la fois plus proches et plus éloignés l’un de l’autre qu’ils ne l’avaient imaginé au départ. Il y a quelque chose de profondément yin et yang dans leur amitié, ainsi qu’une véritable lutte affective entre le Père et Firth pour gagner les affections d’Ouse. C’est une danse complexe, faite de toutes les subtilités de l’émotion humaine. Je les aime tous les deux, je les aime tous, profondément.
Mes allégeances vacillent — et c’est bien ainsi. À vrai dire, je prends instinctivement la défense du personnage qui me semble attaqué, ce qui est généralement le Père ou Firth, et parfois Figgie aussi.
Certains auteurs pratiquent ce qu’ils appellent le method writing : ils deviennent leurs personnages, vivent quelque temps comme eux, comme s’ils endossaient véritablement leur existence. Ce n’a jamais été ma façon de faire. Moi, je suis devenu le petit frère agaçant qu’aucun de ces personnages n’a jamais eu : je leur emboîtais le pas, j’écoutais aux portes de leurs moments les plus intimes, je quémandais leur attention avec une insistance embarrassante, jusqu’à ce qu’ils finissent par en avoir assez de moi et me claquent la porte au nez.
À ce moment-là, l’histoire est arrivée à son terme. Il ne reste plus qu’à moi de peaufiner le monde qui tourbillonne autour d’eux.
Absolument, sans la moindre hésitation. On m’a déjà décrit comme « inlassablement optimiste » et « impitoyablement fleur bleue ». Alors oui, je crois au pouvoir émancipateur, ensorcelant, envoûtant, enrichissant et bouleversant de la beauté teintée d’amour.
Si, des années après notre disparition, nous ne sommes plus que l’écho des bontés que nous avons semées autour de nous, alors soyons bons, et aimons sans jamais relâcher notre élan. Quelle plus belle trace pourrions-nous laisser derrière nous ? Quel plus grand cadeau pourrions-nous offrir ?
L’Empereur de la joie (The Emperor of Gladness) d’Ocean Vuong. C’est stupéfiant — même pour Ocean, c’est-à-dire même pour l’un des plus grands virtuoses des mots que porte cette bonne vieille Terre. Les personnages sont d’une finesse exquise, l’intrigue est construite avec une grâce presque divine, et la langue est, de bout en bout, un véritable délice. C’est d’une beauté à vous faire battre le cœur plus fort, ponctuée par éclairs d’hilarité et traversée d’un profond sentiment de découverte.
Puis-je me permettre de glisser aussi une recommandation de poésie ? (En tant que Makar, le poète officiel d’Édimbourg, je suis un peu obligé.) Il s’agit de Je me demande pourquoi on ne peut pas dire non, tout simplement de Hollie McNish. C’est un livre qui célèbre la vie par sa tendresse même, et qui résonne d’une joie profonde, portée par un véritable élan vers le monde.