Pensez-vous que cela pourra "secouer" le monde politique, en remettant ce sujet en avant?
C’est un des objectifs de ce roman : témoigner, auprès d’un public le plus large, de faits réels méconnus et d’une page sombre de l’histoire de France, puisque la responsabilité accablante de la France dans le génocide des tutsis au Rwanda a été officiellement reconnue. Il reste cependant beaucoup de mystères, comme celle de l’implication de mercenaires français dans l’attentat qui a déclenché les massacres. Ce roman développe une hypothèse crédible, que le lecteur pourra suivre ou non. Tous les faits sont exposés !
Pour finir, je ne peux que dire que votre roman m'a fait l'effet d'un véritable coup de poing, par son côté tragique et géopolitique. On retrouve votre style policier dans la construction du livre, c'est haletant. Un public très large devrait lire ce livre, pensez-vous faire des interventions auprès de lycéens par exemple, en leur faisant découvrir l'histoire contemporaine par le roman ?
Ce serait un vrai rêve : faire découvrir à des lycéens ce drame contemporain. Je sais qu’ils se sentent très concernés, et ont envie de comprendre cette page d’histoire. J’ai aussi écrit ce livre pour les jeunes générations. C’est à elle de veiller au devoir de mémoire, et à l’exigence de vérité. Un bon roman, selon moi, est un roman qui génère d’intenses émotions, mais également nous interpelle en tant que citoyens.
La rentrée littéraire a-t-elle une importance particulière à vos yeux ? Avez-vous quelques lectures à nous conseiller ?
Je suis publié depuis vingt ans, mais c’est ma première rentrée ! Elle a donc un goût très particulier, et je suis très fier des retours des lecteurs, des blogueurs, des libraires ou des journalistes littéraires, qui presque tous salués ce roman d’un coup de cœur.
Côté lecture, pour la rentrée, je suis un grand fan de la poésie nostalgique de Gilles Marchand (Les promesses orphelines), de l’humour de Fab Caro (Les derniers jours de l'apesanteur), ou de l’imagination de Laurent Gaudé (Zem). J’adresse aussi un clin d’œil particulier au bouleversant récit, Dans la chambre forêt, de Chiara Mezzalana.