27 août 2025

Interview : Nathacha Appanah présente son roman La nuit au cœur

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Aurore - Acheteuse littérature

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Nathacha Appanah est une journaliste et romancière mauricienne qui vit en France. Après des études de journalisme en France, elle débute sa carrière comme secrétaire de rédaction et journaliste dans un hebdomadaire mauricien avant de travailler pour plusieurs médias français.

Son prermier roman Les Rochers de Poudre d’Or paraît en 2003. Depuis, Nathacha Appanah a publié de nombreux romans. En moins de vingt ans, elle a créé une œuvre puissante et féministe, ancrée dans la réalité cosmopolite de l’Océan Indien et marquée par les contradictions économiques et sociales de ses sociétés créolisées, au-delà de l’île Maurice.

A l’occasion de la sortie de son nouveau roman La nuit au cœur, qui a remporté le prix Femina 2025 et le Goncourt des lycéens 2025, nous avons rencontré l’autrice pour lui poser quelques questions. Découvrez son interview.


Pouvez-vous nous résumer en quelques mots l’histoire de votre nouveau roman La nuit au cœur ?

La nuit au cœur entrelace les histoires de trois femmes qui ont vécu sous le joug de leur compagnon et qui, pour deux d’entre elles, sont mortes sous leurs coups. Je voulais retracer, comme on pourrait dire repeindre, leur existence. Montrer sans démontrer, décortiquer ces prisons intimes où l’amour est changé en poison.

Violette

Violette

Cultura Puilboreau

Trois destins de femmes sous emprise
Trois destins de femmes sous emprise, dont deux sont assassinées par leurs maris. L’autrice seule survivante décide de se livrer sur sa propre histoire et enquête sur les meurtres  de sa cousine Emma et de l’affaire Chahinez Daoud. Elle met en lumière l’engrenage et les conditions de ces victimes de féminicides, autrefois appelés « crimes passionnels ». 
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coup de cœur

Avez-vous d’abord envisagé ce livre comme un récit personnel, une enquête, ou un roman ? Comment s’est imposée la forme définitive ?

Je l’ai toujours envisagé comme un texte littéraire, sans genre précis ou plutôt au carrefour de plusieurs genres. Ce qui m’importait c’était la langue, l’écriture du temps (les trois femmes ont vécu à des périodes différentes) et la dignité à chaque page.

 

Dans quelle mesure la littérature peut-elle jouer un rôle dans la lutte contre les violences faites aux femmes ?

Elle peut apporter de la complexité, de la particularité, de la nuance, une minutie. Elle peut donner des visages à celles qui ont été effacées. Elle peut, par la langue, par le souffle littéraire, faire durer ce que d’autres ont décidé d’achever.

 

Après Tropique de la violence, beaucoup parlent de La nuit au cœur comme de votre livre le plus fort. Le ressentez-vous aussi ainsi ?

Je ne saurais vous répondre sur sa force ou son impact aujourd’hui, comparé à mes autres livres mais je sais que ce livre est dans la continuité de mon chemin d’écrivain.

 

Quel est votre meilleur souvenir de lecture ?

J’en ai tellement mais je vais vous parler d’un livre que j’ai lu il y a quelques mois et qui vient d’être traduit aux éditions de l’Olivier. James de Perceval Everett. Cet écrivain est un modèle pour moi, tout est notable chez lui : sa langue, son ambition formelle et politique, le souffle qui ne retombe jamais.

 

Que représente la rentrée littéraire pour vous ?

Un moment à nul autre pareil.