Avez-vous d’abord envisagé ce livre comme un récit personnel, une enquête, ou un roman ? Comment s’est imposée la forme définitive ?
Je l’ai toujours envisagé comme un texte littéraire, sans genre précis ou plutôt au carrefour de plusieurs genres. Ce qui m’importait c’était la langue, l’écriture du temps (les trois femmes ont vécu à des périodes différentes) et la dignité à chaque page.
Dans quelle mesure la littérature peut-elle jouer un rôle dans la lutte contre les violences faites aux femmes ?
Elle peut apporter de la complexité, de la particularité, de la nuance, une minutie. Elle peut donner des visages à celles qui ont été effacées. Elle peut, par la langue, par le souffle littéraire, faire durer ce que d’autres ont décidé d’achever.
Après Tropique de la violence, beaucoup parlent de La nuit au cœur comme de votre livre le plus fort. Le ressentez-vous aussi ainsi ?
Je ne saurais vous répondre sur sa force ou son impact aujourd’hui, comparé à mes autres livres mais je sais que ce livre est dans la continuité de mon chemin d’écrivain.
Quel est votre meilleur souvenir de lecture ?
J’en ai tellement mais je vais vous parler d’un livre que j’ai lu il y a quelques mois et qui vient d’être traduit aux éditions de l’Olivier. James de Perceval Everett. Cet écrivain est un modèle pour moi, tout est notable chez lui : sa langue, son ambition formelle et politique, le souffle qui ne retombe jamais.
Que représente la rentrée littéraire pour vous ?
Un moment à nul autre pareil.