25 juin 2026

BD de l’été : les coups de cœur des libraires

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Léa - rédactrice

Vous aimez les BD mais vous ne savez pas quoi lire cet été ? Nos libraires passionnés ont concocté pour vous une sélection des meilleurs bandes dessinées à lire pendant les vacances. Préparez vos transats les BD de l’été coups de cœur de nos libraires.

 

Les chroniques ci-dessous ont été réalisées dans le cadre d'un partenariat avec Flammarion. 


Une incursion touchante dans une jeunesse en quête de soi

Sumo Girl

Sumo Girl

Léa Hybre - 24.0€

Madeleine a 17 ans. Sa mère lui prend la tête sur son alimentation, sur le lycée, et son père, c'est pas mieux : aussi bavard qu'une plante verte. Paris, les bubble teas après les cours, les copines, les beaux yeux de son prof particulier... C'est ça, sa vie. Mais Madeleine a un rêve secret : devenir championne de sumo. " Pas un sport de fille ", qu'on lui répète. Alors, à l'abri des regards, elle s'entraîne...
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Madeleine jeune adolescente parisienne de 17 ans, est on ne peut plus classique : bubble teas, copines, parents qui ne comprennent rien et, surtout, un jardin secret : elle veut devenir championne de sumo. Ce n'est pas un sport de fille ? Elle s'en fiche, elle s'entraîne en cachette, mange comme un lutteur, rêve en grand.

Ce qui surprend et convainc, c'est la façon dont le récit dépeint l'adolescence avec justesse. Madeleine n'est pas une rebelle, pas une marginale incomprise, elle est simplement elle-même, avec ses contradictions, ses émois, ses stickers kawaii et ses ambitions. On reconnaît une vraie adolescente de 2026, ancrée dans son époque sans que ça sonne faux ni forcé. Premiers émois, quête de soi loin des clichés sur le sport, le corps, l'amour. On sent bien le désir de se construire en tant que personne et non plus seulement en tant qu'enfant de ses parents — tout cela est porté par un ton assez léger qui n'exclut pas la profondeur.  Par ailleurs, le sumo, sport ancestral et méconnu, est ici bien plus qu'un terrain de jeu : c'est l'écran sur lequel se projette le vrai sujet de cette BD, l'épanouissement de Madeleine.

Scaillet glisse au passage quelques éclairages sur cette discipline fascinante, sans jamais alourdir le propos, juste assez pour qu'on en sorte curieux.  Mais c'est dans l'exploration des relations familiales que l'album touche le plus juste. La communication qui s'étiole, les silences qui s'accumulent et, au centre de tout, une relation père-fille d'abord distante, presque gelée, qui se met à fleurir doucement, au même rythme que Madeleine s'épanouit. S'ajoute à cela une relation mère-fille où les attentes écrasent, mais qui finit par évoluer lorsque la communication se délie elle aussi. C'est sensible, délicat, une belle incursion dans le passage difficile d'enfant à jeune adulte.

Léa Hybre dessine aux feutres à alcool et ça explose à chaque page : moderne, pop, presque un « coming of age » movie. Son trait, au côté presque naïf, apporte une légèreté parfaite à un sport réputé brutal. Un coup de poing dans la bonne humeur, et bien plus que ça.

Coup de cœur de Léa de Givors


Traditions, céramique et émotion vous embarquent au cœur d'une réflexion sur les liens familiaux

Kutani : Retour à Kanazawa

Kutani : Retour à Kanazawa

Franck Manguin - 22.0€

" - Allô Tsutomu, tu m'entends ? Je sors de l'hôpital, J'étais avec ton père... - Qu'est-ce qu'il a ? Rien de grave, J'espère ? " Tsutomu n'a aucune envie de quitter Tokyo, où il a reconstruit une vie sereine loin d'un père et d'un destin qu'il a fuis, quinze ans plus tôt ... Mais l'appel de Sukéo, le fidèle contremaître de l'atelier de peinture sur porcelaine familial, l'a secoué bien plus qu'il ne le pensait. Car pour père et fils, le temps est compté : la mémoire du premier s'envole, et avec elle, les souvenirs, les regrets et le savoir-faire ancestral de Kutani...
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L'histoire d'un jeune adulte libéré des attentes familiales, Tsutomu, à Tokyo, qui reconstruit sa vie après quinze ans de silence. Un coup de téléphone fait alors basculer l'équilibre de sa vie, et tout ce qu'il avait mis de côté refait surface : son père, l'atelier, la porcelaine Kutani qui décorait les murs de son enfance.  En cause, un père malade, atteint d'Alzheimer. Les gestes, les souvenirs et, bientôt peut-être, tout le poids des émotions gardées pour soi, oubliées dans les limbes de la maladie.

Franck Manguin signe une bande dessinée d'une rare douceur, ancrée dans un Japon tentant de briser les chaînes de ses traditions vers une certaine modernité. L'art de la porcelaine Kutani devient bien plus qu'un simple décor ; c'est une métaphore subtile sur ce qui relie les êtres, ce qui se fissure, ce qui peut ou non être réparé. Elle évoque les objets qui expriment ce que les mots ne peuvent pas dire. On remarque aussi la place discrète mais lumineuse accordée aux femmes. Elles sont les gardiennes invisibles des liens familiaux, comme l'encre qui unit les motifs sur la céramique. Elles apparaissent avec une présence capitale : la mère et la femme de Tsutomu maintiennent, insistent, tissent des liens. La charge mentale n'est jamais explicitement nommée, mais elle est là, dans chaque geste, dans chaque silence. Une vision intéressante sur la place des femmes dans ce Japon entre deux dynamiques. L'alternance entre le présent et le passé, soutenue par deux palettes de couleurs distinctes, donne au récit une élégance narrative efficace et très esthétique. Le dessin est rond, doux, portant toute la délicatesse du sujet. L'album aborde la maladie avec une tristesse juste, sans excès d'émotion, mais il laisse entrevoir à la fin une lumière fragile, une lueur d'espoir qui donne toute sa valeur à ce type d'ouvrage. C'est un album émotionnel et délicat, à mettre entre toutes les mains.

Coup de cœur de Léa de Givors


Comment le Louvre a fichu le camp

L'exode du Louvre

L'exode du Louvre

Gradimir Smudja - 19.0€

Paris, 14 juillet 1939. Si le coeur est à la fête pour de nombreux Français, comme des touristes étrangers, venus à Paris visiter le musée du Louvre, d'autres s'inquiètent. Jacques Jaujard est de ceux-là. Alertés par une bande de joyeux drilles (Picasso, Cocteau et Dali) le directeur du musée prend la mesure de la menace qui gronde. L'heure est grave. La France risque d'entrer en guerre prochainement contre l'Allemagne. Il faut protéger les oeuvres exposées. Les cacher ! Après avoir étudié différentes possibilités, Jaujard, avec la complicité des employés du musée, commence clandestinement l'évacuation en quelques mois de tous ces chefs d'oeuvres : la Joconde, le Radeau de la Méduse ou la Victoire de Samothrace vers des lieux plus sûrs, tel le château de Chambord. Après Jesse Owens, des miles et des miles, seul Gradimir Smudja pouvait s'attaquer à une telle épopée historique avec autant d'humour et de richesse graphique. Un premier volume d'une mini-série par un auteur qui ne craint jamais de s'attaquer aux styles des grands maîtres, sans jamais les trahir. Pour réaliser le livre, Gradimir Smudja est entré en contact avec des descendants des personnes ayant participé à cette évasion artistique, pour recueillir des témoignages plus intimes. Un récit en deux parties.
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À l’aube de la Seconde Guerre mondiale, Jacques Jaujard, directeur du Louvre, a une vision catastrophique du destin du Louvre, plus grand musée du Monde. Dans le but de sauver toutes les œuvres d’arts qu’il contient et le patrimoine français, ce dernier décide d’expatrier ces dernières dans toute la France. Château de Chambord, sous-sols de cathédrales, toutes les cachettes sont étudiées. Accompagné de tous ses employés, Jacques déroche les peintures, déplace les sculptures. Tout doit disparaître dans le secret le plus absolu, avant l’appel à la Guerre.

Cette BD au goût de fraternité, nous présente une situation d’urgence absolue qui est gérée par une équipe de francs camarades, solidaires et de bonne humeur. Les tons sépia des dessins soulignent le caractère plus ancien du siècle dernier et ceux-ci retranscrivent à merveille « l’urgence joyeuse » à laquelle les personnages font face. Les double-pages sont d’une grande qualité, avec des vues aériennes magnifiques tout comme une foule humaine très animée. À la lecture de cette œuvre, j’ai eu le sentiment, moi aussi, de faire partie de cette équipe constituée sur le tard, avec une seule mission : la sauvegarde du patrimoine français. J’ai grandement apprécié d’avoir été témoin de cet événement capital de l’histoire de l’art français, bien souvent éclipsé par l’aspect militaire de l’époque. Enfin, l’humanisation de chaque œuvre m’a également beaucoup fait rire. Monna Lisa et Niké parlant à Jaujard restent une situation comique qui pour autant souligne le caractère sacré de l’art, tout comme l’urgence de la situation. Un « must read » de la BD historique, qui à mon sens, devrait être un devoir civique de lecture !

Coup de cœur de Valentin de Barentin


Il était une fois…

Petit bonhomme

Petit bonhomme

Alexis Bacci, Grégory Panaccione - 27.9€

L’apparition de la vie, l’évolution des espèces, les débuts de la société, la guerre, la mort… Tous ces faits et concepts importants, sur sa planète bizarre, Petit bonhomme n’en avait pas vraiment conscience, c’était trop long ou trop loin, trop proche ou trop rapide… Ce que Petit bonhomme va découvrir et qui changera tout pour lui et autour de lui, tient en un seul mot : l’AMOUR ! 
Grégory Panaccione et Alexis Bacci se délectent à mettre en œuvre leurs talents immenses pour raconter une fable aussi magnifique que triste : la plus belle histoire d’amour de tous les temps et de tous les univers !

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Dans un monde pas tout à fait comme le nôtre, l'évolution de l'humanité suit son cours... nous le découvrons à travers les yeux d'un Petit Bonhomme. Jeune personnage dont l'odyssée nous ramène à une époque préhistorique où pour survivre il faut faire face à de nombreux dangers : créatures sauvages, batailles, maladies,... Mais il va surtout faire une découverte qui changera le cours de son existence : l’amour !

La puissance de cette bande dessinée muette réside dans l'ingéniosité, la subtilité et la sensibilité de chaque trait, chaque couleur, chaque case. C'est une histoire qui défile sous nos yeux, les dessins prennent vie à une allure saisissante. Une belle façon de se retrouver emporté par le destin de ce Petit Bonhomme.

Coup de cœur de Michael de Valence


Vous avez besoin de plus d’inspiration lecture pour cet été ? Alors ne manquez pas notre sélection des meilleurs livres de l’été. Et si vous avez des enfants, ces livres jeunesse pour l’été seront parfaits.