Comment vous est venue l’idée d’un thriller de l’Avent ?
Jennifer, Rossi, éditrice chez Auzou, m’a expliqué ce concept des romans de l’Avent, $ j’ai trouvé ça absolument formidable. Lire un chapitre par jour, du 1er au 24 décembre, comme on déguste des chocolats, c’est un très bon moyen de faire lire les plus jeunes (et aussi les plus grands !) Chaque chapitre est « scellé », pour accéder à la lecture. Il faut avoir ce geste de découper ce sceau, c’est vraiment comme les petites cases qu’on ouvre sur les calendriers de l’avent. Une histoire à déguster jusqu’au réveillon, en quelque sorte.
Quels sont les défis spécifiques liés à l’écriture d’un thriller en 24 épisodes ? Avez-vous adapté votre méthode de travail pour respecter cette contrainte technique ?
Noël, c’est la fête, mais ce sont aussi les forêts enneigées, les nuits plus noires, le froid glacial qui peut vous en envelopper. Bref, une ambiance qu’on imagine parfaitement pour un thriller.
Il y a une vraie difficulté dans l’écriture d’un roman de l’avent : la gestion de la temporalité. Il doit y avoir exactement 24 chapitres, et chaque chapitre représente un jour de décembre. Or, la temporalité est ce qu’il y a de plus complexe à maîtriser dans un thriller : tout doit se passer très vite, tout le temps. C’était donc une contrainte très forte pour moi, mais un vrai défi, et c’était extrêmement stimulant d’essayer de le relever.
Par exemple, dans un thriller classique, il peut se passer beaucoup d’évènements dans une journée, et ensuite s’écouler trois jours avant que les actions se poursuivent. Dans un thriller de l’Avent, il faut des évènements forts tous les jours, afin que chaque chapitre soit intrigant et haletant. Bref, un seul mot d’ordre dans l’écriture : pas de temps mort !
Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire pour un public plus jeune ?
En souvenir de mes lectures de jeunesse ! Quand j’étais ado, j’adorais être embarqué dans des aventures incroyables où les personnages étaient en danger. J’avais un peu l’impression d’être à leur place et de vivre leur vie. Aujourd’hui, j’ai envie de retransmettre ces émotions intenses aux jeunes lecteurs, et de les embarquer dans mes intrigues prenantes.
Adapter son style, ses intrigues, ses personnages… Est-ce un exercice d’équilibriste ? Y a-t-il un public que vous préférez ? Pourquoi ?
Moi ce que j’aime, c’est raconter des histoires et procurer des émotions aux lecteurs, quels qu’il soit. Que ce soit pour la jeunesse ou pour les adultes, on retrouve dans mes récits les mêmes obsessions, la même complexité. J’apporte un sérieux identique dans la construction des intrigues. D’ailleurs, les adultes prendront beaucoup de plaisir à lire Le Roman maudit, car il y a autant de suspense que dans mes autres romans. Ils retrouveront mon univers et sans doute un peu de leur âme d’enfant.
Le thriller se marie-t-il bien avec la magie de Noël ? Comment avez-vous trouvé l’équilibre entre l’esprit des fêtes et l’ambiance tendue du thriller ?
Oui, bien sûr. Noël, ce sont les contes, et vous savez, les contes sont souvent très effrayants ! En écrivant Le Roman maudit, j’ai repensé au Petit Poucet, au Petit Chaperon Rouge… Il y a ce symbole du loup qui rôde dans la forêt, de la nuit source de danger, ou de l’ogre qui peut s’en prendre aux enfants. J’ai beaucoup joué avec cet imaginaire-là pour inventer l’histoire.
Le roman est illustré par Thomas Gilbert. Comment avez-vous travaillé ensemble sur ce projet ?
Thomas a fait un travail incroyable. Il ne s’est pas contenté de dessiner des éléments du texte, il s’est approprié cette histoire et y a réellement apporté quelque chose. Ses illustrations angoissantes contribuent à enfermer plus encore le lecteur, à le rapprocher des jeunes Naël et Léo, et à nous faire ressentir leurs peurs grandissantes. C’est certain, ce texte n’aurait pas eu le même impact sans les illustrations de Thomas, c’est toute la force de ce Roman maudit.