15 septembre 2025

Interview : Franck Thilliez présente son roman de l’avent Le Roman maudit

L

Luna - Rédactrice

/content/dam/cultura-one/interview/NAV_SMT-ITW-Franck-Thilliez.jpg

Franck Thilliez, l’un des auteurs les plus vendus en France et maître du thriller, signe son premier roman pour ados : Le Roman maudit. Le livre prend la forme d’un roman de l’avent : 24 chapitres à découvrir chaque jour du 1er au 24 décembre, comme on ouvre les cases d’un calendrier de l’avent traditionnel.

Chaque chapitre est scellé et doit être découpé avant lecture, renforçant l’idée de lecture progressive et de suspense quotidien. L’histoire suit Naël, un lycéen plongé dans une boucle temporelle inquiétante après la découverte d’un mystérieux journal intime. Entre ambiance hivernale et tension dramatique, l’auteur transpose ses codes du thriller dans un format inédit. Nous l’avons rencontré pour évoquer ce nouveau défi d’écriture et sa volonté de s’adresser à un public plus jeune.


Bonjour Franck Thilliez. Je vous remercie de prendre le temps de répondre à nos questions. Pour commencer, pouvez-vous nous présenter votre livre Le Roman maudit ?

C’est l’histoire de Naël, un jeune lycéen, qui en sortant de chez lui pour se rendre à l’école, va découvrir un livre étrange devant sa porte. Ce livre, c’est le journal intime de Léo, qui raconte son kidnapping. Qui est Léo ? Qui a déposé ce livre devant la porte ?

Le lendemain, Naël va revivre exactement la même scène. Et lendemain encore la même… Et si le seul moyen de sortir de la boucle temporelle infernale était de retrouver Léo ?

Le roman maudit

Le roman maudit

Franck Thilliez - 18.95€

Le premier Thriller de l'avent avec Franck Thilliez ! Attention : le lire, c'est affronter le pire...

1er décembre.
Naël découvre un carnet devant chez lui.
Le carnet de Léo, kidnappé il y a un an, jour pour jour.
Désormais, leurs destins sont liés.
Désormais, Naël est coincé dans une journée qui recommence, encore et encore.
Une journée pour découvrir qui est Léo.
Une journée pour sauver sa propre vie.
Une journée pour mourir.

lire en entier
voir la fiche produit

Comment vous est venue l’idée d’un thriller de l’Avent ?

Jennifer, Rossi, éditrice chez Auzou, m’a expliqué ce concept des romans de l’Avent, $ j’ai trouvé ça absolument formidable. Lire un chapitre par jour, du 1er au 24 décembre, comme on déguste des chocolats, c’est un très bon moyen de faire lire les plus jeunes (et aussi les plus grands !) Chaque chapitre est « scellé », pour accéder à la lecture. Il faut avoir ce geste de découper ce sceau, c’est vraiment comme les petites cases qu’on ouvre sur les calendriers de l’avent. Une histoire à déguster jusqu’au réveillon, en quelque sorte.

 

Quels sont les défis spécifiques liés à l’écriture d’un thriller en 24 épisodes ? Avez-vous adapté votre méthode de travail pour respecter cette contrainte technique ?

Noël, c’est la fête, mais ce sont aussi les forêts enneigées, les nuits plus noires, le froid glacial qui peut vous en envelopper. Bref, une ambiance qu’on imagine parfaitement pour un thriller.

Il y a une vraie difficulté dans l’écriture d’un roman de l’avent : la gestion de la temporalité. Il doit y avoir exactement 24 chapitres, et chaque chapitre représente un jour de décembre. Or, la temporalité est ce qu’il y a de plus complexe à maîtriser dans un thriller : tout doit se passer très vite, tout le temps. C’était donc une contrainte très forte pour moi, mais un vrai défi, et c’était extrêmement stimulant d’essayer de le relever.
Par exemple, dans un thriller classique, il peut se passer beaucoup d’évènements dans une journée, et ensuite s’écouler trois jours avant que les actions se poursuivent. Dans un thriller de l’Avent, il faut des évènements forts tous les jours, afin que chaque chapitre soit intrigant et haletant. Bref, un seul mot d’ordre dans l’écriture : pas de temps mort !

 

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire pour un public plus jeune ?

En souvenir de mes lectures de jeunesse ! Quand j’étais ado, j’adorais être embarqué dans des aventures incroyables où les personnages étaient en danger. J’avais un peu l’impression d’être à leur place et de vivre leur vie. Aujourd’hui, j’ai envie de retransmettre ces émotions intenses aux jeunes lecteurs, et de les embarquer dans mes intrigues prenantes. 

 

Adapter son style, ses intrigues, ses personnages… Est-ce un exercice d’équilibriste ? Y a-t-il un public que vous préférez ? Pourquoi ?

Moi ce que j’aime, c’est raconter des histoires et procurer des émotions aux lecteurs, quels qu’il soit. Que ce soit pour la jeunesse ou pour les adultes, on retrouve dans mes récits les mêmes obsessions, la même complexité. J’apporte un sérieux identique dans la construction des intrigues. D’ailleurs, les adultes prendront beaucoup de plaisir à lire Le Roman maudit, car il y a autant de suspense que dans mes autres romans. Ils retrouveront mon univers et sans doute un peu de leur âme d’enfant.

 

Le thriller se marie-t-il bien avec la magie de Noël ? Comment avez-vous trouvé l’équilibre entre l’esprit des fêtes et l’ambiance tendue du thriller ?

Oui, bien sûr. Noël, ce sont les contes, et vous savez, les contes sont souvent très effrayants ! En écrivant Le Roman maudit, j’ai repensé au Petit Poucet, au Petit Chaperon Rouge… Il y a ce symbole du loup qui rôde dans la forêt, de la nuit source de danger, ou de l’ogre qui peut s’en prendre aux enfants. J’ai beaucoup joué avec cet imaginaire-là pour inventer l’histoire.

 

Le roman est illustré par Thomas Gilbert. Comment avez-vous travaillé ensemble sur ce projet ?

Thomas a fait un travail incroyable. Il ne s’est pas contenté de dessiner des éléments du texte, il s’est approprié cette histoire et y a réellement apporté quelque chose. Ses illustrations angoissantes contribuent à enfermer plus encore le lecteur, à le rapprocher des jeunes Naël et Léo, et à nous faire ressentir leurs peurs grandissantes. C’est certain, ce texte n’aurait pas eu le même impact sans les illustrations de Thomas, c’est toute la force de ce Roman maudit.

 

Pages interieures

 

Qu’est-ce qui vous attire particulièrement dans le genre du thriller ?

C’est le genre que j’ai toujours aimé, depuis l’adolescence ! A l’époque, je regardais beaucoup de films d’horreur et j’étais un grand lecteur de romans de Stephen King. J’adorais ressortir le frisson et la terreur. J’avais très peur mais j’en redemandais, c’était une véritable drogue. Je crois que la peur, à l’adolescence, est un moyen de tester ses limites et d’entraîner ces instincts qui sont plus profond de nous. On a tous besoin de ça.

 

Suspense, rythme, fausses pistes… À quoi reconnaît-on un bon thriller selon vous ?

C’est un roman qu’on ne pourra pas lâcher ! On va avoir peur pour le personnage principal, qui va vivre avec lui les péripéties incroyables qu’il va essayer de surmonter. Dans Le Roman maudit, les fins de chapitre se terminent toujours sur un fort suspense, qui est aussi une des clés d’un thriller réussi. Je serai très curieux de savoir si les gens vont tenir jusqu’au lendemain avant de lire la suite ! 

 

Vos histoires s’inspirent-elles de faits réels ou d’œuvres existantes ? Vous arrive-t-il de puiser dans l’actualité ou dans des lectures marquantes ?

Oui, bien sûr, dans le roman policier, les auteurs s’inspirent beaucoup du monde qui les entoure, des faits divers, des travers de la société contemporaine. Ce sont des histoires qui pourraient arriver, ce qui les rend d’autant plus effrayantes. Quant aux lectures, elles font parties de mes influences, de ce socle sur lequel je me repose quand je réfléchis. Pour être auteur, il faut aussi être lecteur.

 

Enfin, pour finir, avez-vous un récent coup de cœur à nous partager ?

C’est un gros livre, plutôt pour adultes, Toutes les nuances de la nuit, de Chris Whitaker. Un roman incroyable qui parle justement une disparition irrésolue sur plusieurs années et des terribles obsessions qu’on peut développer pour essayer de retrouver cette personne…