Pourquoi avoir choisi l’univers du mariage et plus particulièrement le métier de wedding planner comme point de départ pour ce roman ?
Puisqu’on avait décidé de parler de mariage, il m’est apparu que le point le plus important, une fois la demande des amoureux faite, c’est son organisation. C’est même central et de plus en plus de couples ont recourt à une wedding planner. Là encore, c’est tout naturellement que j’ai construit l’histoire autour de Zélie, dont c’est le métier et la vocation.
Comment est née Zélie, votre héroïne ? Aviez-vous une image très précise d’elle dès le départ ?
J’ai tout de suite imaginé sa faculté à sentir l’odeur intrinsèque des gens. Je la voulais originale, sincère et amoureuse des mariages sans pour autant avoir le désir de se marier elle-même. Ce qui créait un paradoxe intéressant et une possibilité de développer en profondeur son caractère. Son physique est venu après.
Certains personnages sont-ils inspirés de personnes ou de témoignages réels ?
Non, aucun pour une fois, tout m’est venu très spontanément.
Journal d’une wedding planner est un roman olfactif. Comment est née cette idée d’intégrer les odeurs à la lecture ?
Qui dit mariage, dit fleurs et odeurs ! Le raccourci a été fait ainsi. Nous avons réfléchi longtemps au concept avec Ombeline, responsable de la fabrication chez Leduc et Charleston. Elle ne manque jamais d’idées originales ni de volonté de fer pour les mettre en œuvre. Tout a été si fluide, grâce à elle !
Avez-vous choisi les senteurs avant d’écrire certaines scènes, ou était-ce plutôt l’inverse ?
Les deux ! Parfois j’avais une idée, mais l’odeur n’existait pas, alors il a fallu s’adapter avec ce que l’imprimeur proposait. Mais au bout du compte, les odeurs qu’il proposait, si celles que je voulais n’existaient pas, se rapprochaient beaucoup de ce que j’avais imaginé au départ.
Comment s’est déroulée la collaboration avec l’éditeur pour cette innovation ?
Une orchestration magique grâce à Ombeline à la fabrication, à Jeanne à l’éditorial, et à toutes les petites mains de l’ombre qui font le succès d’un livre : marketing, presse, promotion, commerciaux, illustrateurs : ici Pauline Ortlieb qui avait déjà fait la couverture du Vent souffle sur Little Balmoral. Travailler avec elle est un plaisir infini ! On a tous beaucoup échangé, c’est même ce que je préfère dans l’édition, mettre mon nez partout pour voir comment ça se passe, ça me permet d’apprendre beaucoup. Charleston est une équipe dynamique qui implique les auteurs dans toutes les phases de fabrication, pour peu qu’on s’y intéresse, alors je me suis follement amusée.
Pensez-vous que les odeurs peuvent influencer la perception d’un personnage ou d’une scène ?
Totalement ! Pas forcément quand on lit une description, mais quand on devient acteur, l’immersion est totale et offre parfois quelques surprises. On se met vraiment à la place des personnages, c’est tout l’intérêt des romans concepts Charleston.
Avez-vous une odeur préférée dans le livre ? Et pourquoi ?
Curieusement, pas celle du chapitre 4, vous comprendrez pourquoi !
Pensez-vous que deux lecteurs puissent vivre une expérience de lecture totalement différente selon leur rapport aux odeurs ?
Je le pense. L’immersion fait gagner en réalisme. Toutefois, certaines lectrices et lecteurs ont exprimé leur peur d’avoir mal à la tête en sentant les odeurs, c’est pourquoi on les a décrites à chaque fois. Ainsi, si quelqu’un n’a pas du tout envie de sentir, il devine quand même ce que Zélie sent, puisqu’elle l’explique. Pour ne pas sentir, il suffira de ne pas frotter la capsule violette.
Enfin pour finir, si vous pouviez résumer Journal d’une wedding planner en une odeur. Quelle serait-elle ?
Celle de la vie, du rire et de la bonne humeur !