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Une série d’interrogations critiques sur les rapports qu’entretiennent élections et démocratie.
Si, comme on le dit souvent, la « démocratie représentative » est en crise, il est important d’examiner ce qui constitue le socle théorique de ce régime – à savoir le lien entre « démocratie » et « élection ». D’emblée, on est tenté de répondre que les deux notions sont étroitement corrélées : tout processus électoral est immédiatement analysé comme démocratique, tandis qu’à l’inverse la démocratie est supposée ne pouvoir être qu’élective. Mais cette idée est aujourd’hui ébranlée par plusieurs facteurs. D’un côté, des institutions non élues (telles que les cours constitutionnelles ou les banques centrales) exercent à travers le monde une influence croissante : cette emprise ne manque pas d’interroger la nature « démocratique » de nos systèmes politiques. De l’autre, l’élection a montré quelques limites – en particulier dans sa capacité à mettre en œuvre les idéaux démocratiques. Aussi se trouve-t-elle remise en cause à la fois sous l’angle de son efficience (comme modalité de désignation des gouvernants) et dans sa dimension justificative (comme procédé de légitimation des gouvernants). Dès lors, l’élection peut-elle toujours être présentée comme le fondement de la démocratie ?