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Avant : The Lost Tapes. Pendant des décennies, c'était l'album fantôme - celui qui aurait pu être, qui aurait pu être, mais qui n'a jamais été. Des murmures sur son existence ont hanté les histoires d'une époque où la musique allemande se tenait au bord du précipice de la réinvention, embrassant un sens sauvage des nouveaux départs. Le mystère de Front correspondait parfaitement à l'ambiance. Pas d'interviews, pas de photos, pas de projecteurs, juste de la musique, aussi insaisissable que le groupe lui-même. Comme tant d'autres histoires de la musique pop, les racines de celle-ci remontent à l'Angleterre, à la fin des années 1970. Le punk venait d'exploser, déchirant les conventions du rock et laissant la place à quelque chose de nouveau. On l'appelait le post-punk, un nom presque trop propre pour l'énergie non polie qu'il libérait. De l'autre côté de la Manche, en Allemagne de l'Ouest, des villes comme Berlin, Düsseldorf et Hambourg deviennent les laboratoires d'une avant-garde sonore. Dans les salles de répétition et sur les scènes clandestines, les groupes recherchaient des sons susceptibles de les interpeller, de les provoquer et de les inspirer.C'est dans cette atmosphère qu'est né Front, formé à partir des restes du groupe punk hambourgeois Coroners. Le groupe : Joern Zimmermann (chant), Godehard Buschkühl (guitare), Ralf Hertwig (batterie) et Jürgen Keller (basse). Leur production est éphémère mais inoubliable. Sept titres, un single, Alternative City West, un EP, Georg, et une contribution (Blech und Liebe) à la compilation culte Lieber Zuviel Als Zu Wenig - tous sortis sur le légendaire label hambourgeois Zickzack. Ce qui rendait Front spécial, c'était leur étrange capacité à produire un son qui ne soit pas lié à la géographie ou au temps.