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Une fois encore, le plat pays démontre sa fertilité en matière de rock, et pire, pousse la provocation jusqu'à donner une leçon, une vraie. Produit par Greg Gordon (qui a déjà ouvré pour System Of A Down, Supergrass et Oasis avant que les Gallagher ne deviennent définitivement infréquentables), ce troisième album du groupe a le don d'agacer ou de faire succomber, parce qu'il a tout. Le blues-rock primitif, dont le trio a déjà prouvé connaître les ficelles, l'énergie, avec accélérations et montées d'adrénaline indispensables en live, et enfin les mélodies suffisamment efficaces pour s'incruster dans les tympans. Toutes ces facettes font objectivement d'All This Dancin' Around, l'album le plus ambitieux et réussi de Triggerfinger. Avec ce groove lent et lourd qui heurte de plein fouet les fans d'ambiance sombre et sexy, comment ne pas penser à la bande à Josh Homme ? Surtout quand la basse de l'imposant Monsieur Paul prend les devants (« Love Lost In Love », « Let It Ride »). Aux confluences de leurs compatriotes de Ginzhu (période Mirror Mirror ) et du rock le plus dur, le plus sale venu d'Amérique, stoner et grunge en tête, on comprend lorsqu'il lâche le fauve « Cherry » comment ce groupe, qui a fait ses classes en première partie d'Iggy Pop, a obtenu sa réputation de bête de scène. Surtout, ce trio-là est modeste. Ce qui est rare quand on joue une telle musique. Il a beau se présenter simplement comme passeur d'un rock originel et toujours indispensable, il possède bien plus que cela. Un son, comme une eau de vie, distillant les « incontournables » du hard-rock et du métal. Avec ce retour vers le futur diablement réussi, le groupe s'ouvre une voie de lancement large comme un boulevard. Faites chauffer la piste et la DeLorean, notre petit doigt nous dit que Triggerfinger n'a pas fini d'offrir des sensations fortes.