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À l'aube des années 2000, la France est traversée par de profondes mutations économiques et sociales. La privatisation progressive d'EDF-GDF provoque tensions, grèves et inquiétudes parmi les salariés. C'est dans ce contexte que se déroule Allô, j'aimerais avoir la lumière à tous les étages, une bande dessinée qui mêle chronique sociale, humour décalé et portrait intimiste d'un homme confronté aux bouleversements de son époque.
Rémy est agent d'intervention chez EDF-GDF. Syndicaliste convaincu, jeune père de famille fraîchement divorcé, il tente de garder le cap alors que son entreprise se transforme et que les menaces sur son emploi se font de plus en plus pressantes. Son quotidien est rythmé par les urgences, les dépannages, les coupures et les interventions à domicile. Un métier singulier qui lui ouvre les portes de l'intimité des gens et l'amène à croiser une galerie de personnages improbables.
Au fil des pages, notre antihéros passe d'une vieille dame excentrique à un plateau de tournage pornographique, d'un riche propriétaire aux lubies étranges à un musicien philosophe ou à une mère célibataire dépassée par les événements. Chaque intervention devient une aventure à part entière, oscillant entre absurde, tendresse et satire sociale. Ces rencontres dessinent un portrait sensible et parfois grinçant d'une société en pleine mutation.
L'ouvrage utilise le contexte de la privatisation d'EDF-GDF comme toile de fond pour explorer des questions universelles : le travail, la précarité, la dignité, la solitude, les choix de vie et la difficulté de rester fidèle à ses convictions lorsque le monde autour de soi change. Entre colère, découragement, et humour, Rémy cherche sa place dans une société qui semble lui échapper.
Porté par le dessin foisonnant de Lila Garret-Koffel, Allô, j'aimerais avoir la lumière à tous les étages développe un univers graphique immédiatement reconnaissable. Son dessin est influencé par l'esthétique punk, l'underground et l'esprit de la contre-culture. Son trait à l'encre, chargé de hachures, vif de crayons de couleurs saturées, renforce la narration.
Pensé comme un livre-objet, l'ouvrage bénéficie d'une fabrication soignée : format A4, impression quadrichromie sur papier offset non couché offrant un rendu chaleureux mais DIY, couverture souple sans pelliculage privilégiant une esthétique brute. Cette attention portée à l'objet fait écho à l'identité graphique forte de l'ouvrage et à son inscription dans la tradition de la bande dessinée indépendante.