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Motets et mouvements de messe d'un maître de l'âge d'or de la polyphonie espagnole. Sur ce nouvel enregistrement, le Coro Victoria dresse le portrait d'Alonso Lobo (1555-1617) à travers un panorama de son oeuvre sacrée (ses oeuvres en espagnol sont toutes perdues). L'ensemble illustre également la diversité des pratiques d'interprétation de l'époque. Le morceau final, « O quam suavis est Domine », est chanté par une soprano, tandis que l'accompagnement de la vihuela assure les cinq autres parties. Les choeurs d'église interprétaient cette musique lors de la liturgie, mais les ménestrels la jouaient également pendant les processions, et son usage circulait librement entre les contextes sacré et profane. Le Coro Victoria a été fondé par sa directrice, Ana Fernandez-Vega, afin de faire revivre et de préserver une tradition polyphonique espagnole authentique, ancrée dans l'histoire, depuis son apogée à la Renaissance. Cette tradition a été incarnée non seulement par Victoria lui-même, mais aussi par ses contemporains, comme Alonso Lobo, né et élevé à Séville (Victoria considérait d'ailleurs Lobo comme son égal). Il est aujourd'hui surtout connu pour son poignant Requiem à six voix, et son magnifique motet pour les obsèques du roi Philippe II, Versa est in luctum, partage avec le Requiem le ton de deuil et de souvenir, établi par un dense entrelacement de contrepoints. Coro Victoria révèle également d'autres facettes d'un compositeur dont le style est bien plus varié qu'on ne le croit généralement. Outre la maîtrise des techniques de canon et de contrepoint dans des motets mariaux tels que Ave Maria et Ave Regina coelorum, le style de Lobo se distingue par ses lignes mélodiques abruptes, bien loin des courbes harmonieuses de Palestrina, et par ses conclusions plus animées, deux caractéristiques illustrées avec force par Vivo ego, dicit Dominus. Il existe également une version intégrale de la Messe, composée de pièces extraites de ses Missa O Rex gloriae, Missa Petre ego pro te rogavi et Missa Simile est regnum caelorum, le Credo étant complété par le Credo Romano séparé, soutenu par une basse chiffrée et qui resta populaire longtemps après sa mort. Ces interprétations soignées devraient susciter un regain d'intérêt pour la musique de Lobo.