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Cet enregistrement propose une comparaison des oeuvres pour clavier de deux compositeurs napolitains dont la carrière les a menés au-delà des frontières nationales. Francesco Araja, né en 1709, devint maître de chapelle et compositeur de la cour de la tsarine Anna à Saint-Pétersbourg ; Ferdinando Pellegrini, né probablement en 1715, vécut et travailla à Lyon, Londres et Paris. Si la vie et l'oeuvre d'Araja sont essentiellement liées au théâtre, c'est grâce à la musique sacrée qu'il acquit une grande renommée. Le tournant de sa carrière survint lorsqu'une proposition du violoniste napolitain Pietro Mira lui offrit un poste de musicien de cour à Saint-Pétersbourg. À son arrivée en Russie, il fut également nommé maître de choeur, fonction qu'il occupa pendant de nombreuses années. Son oeuvre, outre les opéras et cantates composés pour la cour de Russie, comprend un oratorio et un recueil de Caprictis pour clavecin. Ces derniers, présents sur cet enregistrement, sont des compositions d'une grande liberté, d'un caractère varié et parfois d'une virtuosité éclatante. En l'absence d'une forme musicale bien définie, ses oeuvres se présentent plutôt comme une série d'épisodes, ou tableaux, dont le fil conducteur est la virtuosité compositionnelle d'Araja, qui témoigne de sa profonde connaissance de l'instrument et de sa technique d'exécution. Araja mourut en 1770. Les informations sur la vie de Pellegrini sont rares. Après sa naissance à Naples, on trouve des traces d'un déménagement à Rome, où les archives de l'Accademia di Santa Cecilia attestent son inscription en 1743. De là, Pellegrini s'installa en France, comme en témoigne une charte de dix ans accordée à « Sr Fernando Pellegrino musicien à Lyon » en 1753 pour la composition de « Trios et autres pièces de musique instrumentale ». D'autres témoignages le situent à Paris (jusqu'en 1762) au service d'Alexandre Le Riche de la Pouplinière. Ce riche et sensible mécène finançait un orchestre renommé, dirigé notamment par Rameau et Stamitz. Le beau-frère de La Pouplinière, l'abbé de Mondran, écrivait à propos de Pellegrini qu'il était « un véritable virtuose du clavier ». Pellegrini composa une série de sonates pour clavecin seul. Le style est galant, caractérisé par un phrasé élégant, une grande invention mélodique et des formules d'accompagnement répétitives. Cette musique agréable offre à l'interprète la possibilité d'enrichir la partition de variations et de diminutions. Pellegrini mourut en 1766.