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Un recueil unique et brillant de musique pour violon, clarinette et piano, puisant son inspiration dans les « Années Arlequin » parisiennes. Durant les premières décennies du XXe siècle, Paris supplanta Vienne comme centre névralgique de la musique savante. Idées et styles jaillirent de la capitale française comme une explosion de couleurs, et parmi les premiers à les diffuser à travers le monde figurait Claude Debussy. Sa Première Rhapsodie fut conçue comme une pièce de concours pour clarinette, créée en 1911. Si la version orchestrale ultérieure est aujourd'hui plus répandue, il est instructif de redécouvrir les premières esquisses du compositeur, plus subtilement allusives. Sept ans plus tard, alors atteint d'un cancer, Debussy acheva la dernière de ses trois oeuvres, renouant ainsi avec la forme traditionnelle de la sonate, qu'il avait délaissée pendant une grande partie de sa carrière au profit de tableaux sonores tels que les Préludes et les suites pour piano. La Sonate pour violon compte parmi ses oeuvres les plus concises et raffinées, au sein d'une production marquée par ces qualités, exigeant de ses interprètes une subtilité et une passion extrêmes. La même année que la Première Rhapsodie, Stravinsky connut un succès de scandale retentissant avec la création du Sacre du printemps, et dès 1918, il s'imposa comme la coqueluche de l'avant-garde parisienne en composant L'Histoire du soldat (créée à Lausanne ; la mise en scène de Diaghilev à Paris dut attendre 1924) pour septuor et récitant. L'année suivante, il arrangea cinq pièces autonomes extraites de la partition en une suite, encore réduite pour un trio instrumental incisif et comprenant le tango d'une subtilité exquise ainsi que la Danse du soldat finale, aux accents du Sacre du printemps. La Suite de Milhaud et Contrastes de Bartók datent de deux décennies plus tard, mais elles sont encore imprégnées de l'esprit acidulé et citronné de la culture parisienne des années 1920. Écoutées ensemble, les cinq oeuvres brossent le portrait d'un monde aux couleurs éblouissantes et à l'élan incessant, parfois déconcerté par sa propre précocité, puisant ce qu'il voulait dans les cultures anciennes et traçant sans cesse de nouvelles voies.