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La vie trépidante et véridique d'Arsène Lupin
Qui est vraiment le gentleman cambrioleur préféré des Français ? D’où vient sa légende ? Comment a-t-il été crée et comment a-t-il évolué sous la plume de Maurice Leblanc et depuis la mort de son géniteur? Thierry Dehayes nous dévoile les ressorts de la construction du personnage, depuis son modèle vivant, Alexandre Jacob, bandit anarchiste de génie, allergique au sang, adepte des stratagèmes et déguisements les plus improbables et qui choisissait de préférence ses victimes chez les ripoux en épargnant les artistes. L’auteur nous éclaire sur les transformations du héros, véritable miroir des préoccupations des Français de chaque époque, profondément anglophobe à sa création en 1905, puissamment germanophobe jusqu’en 1920, adepte de l’ordre pendant les Années folles, bon génie qui démasque les profiteurs pendant la Grande Dépression. Maurice Leblanc a créé un véritable thermomètre de l’humeur des Français, un caméléon aussi versatile que le peuple gaulois. À tel point que chaque nation qui nous l’a emprunté et chaque époque qui l’a réinvesti depuis 1939, date de la parution dans la presse des derniers épisodes d’Arsène Lupin, ont remodelé le héros en fonction de leurs propres obsessions. Profondément ancré dans la culture populaire, le mythe d’Arsène Lupin se réinvente en permanence, signe de sa formidable plasticité et de son génie. La créature a échappé à son créateur, si bien que Leblanc l’a fait mourir à plusieurs reprises. Prisonnier de son succès, il a été à chaque fois contraint de le ressusciter mais ce libre-penseur ne cessait d’affirmer : “Arsène Lupin, ce n’est pas moi.”