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S'inspirant initialement de Marsyas, sculpture monumentale créée par Anish Kapoor en 2002 pour le Turbine Hall de la Tate Modern à Londres, le compositeur estonien Arvo Pärt a conçu Lamentate comme une lamentation non pas pour les morts, mais pour les vivants, « qui doivent affronter ces épreuves seuls » - une sorte de prolongement spirituel du Requiem allemand de Brahms. L'univers sonore de cette oeuvre, une pièce concertante de 40 minutes pour piano et grand orchestre, est pourtant radicalement différent de celui de Brahms, explorant les oppositions polaires caractéristiques entre « brutalité et puissance » et « intimité et fragilité », selon la terminologie du compositeur. Rapidité et calme, lumière et obscurité, temps et intemporalité se fondent dans une vaste partition organique en dix mouvements continus, illustrant l'ineffabilité de la mort et de la souffrance. Ces deux courtes pièces complémentaires distillent ce sentiment d'intimité et de fragilité que le compositeur a cultivé pendant plus de six décennies dans le style de la « tintinabulation », qui s'est révélé si influent sur les générations suivantes désireuses de composer une musique résolument moderne, porteuse de spiritualité. Psalom est une mise en musique instrumentale du psaume 112, un appel à louer Dieu, à placer son espoir en Lui et à trouver la rédemption dans l'intercession divine. Le Cantus, composé à la mémoire de Benjamin Britten, demeure l'une des oeuvres les plus poignantes et abouties de Pärt, près d'un demi-siècle après sa création : un classique moderne illustrant la capacité unique de la musique à absorber, transformer et transcender le chagrin. Le pianiste Pedro Piquero a étudié en Espagne, son pays natal, puis aux États-Unis. Il mène une double carrière de pianiste et de traducteur, publiant des éditions de référence de textes fondateurs du bouddhisme zen et devenant moine bouddhiste en 2017. Cette quête de sagesse spirituelle et de transcendance fait de lui un interprète d'une rare perspicacité lorsqu'il aborde la musique de Pärt, et son essai pour cet album se conclut en le présentant comme « une libération de la souffrance grâce à la vérité révélée par le travail généreux et compatissant du compositeur ».