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Astéréotypie s'est cons)tué, il y a une dizaine d'années à l'Ins)tut Médico- Educa)f de Bourg-la-Reine autour de Christophe L'Huillier, alors éducateur, qui
avait découvert l'intérêt de meAre en musique et en bouche les textes produits en atelier d'écriture. Ces auteur.e.s-interprètes partagent une dimension de leur existence qu'on appelle l'au)sme. Un prisme auquel ils ont bien souvent été assigné dans leur parcours, mais qui devient vite accessoire dans le collec)f. C'est un groupe au son nerveux comme un corps sur scène, entre joie et tension, besoin de décharges et envie de partage. Ils sont neuf : Claire OLaway, Yohann Goetzmann, Stanislas Carmont et Aurelien Lobjoit écrivent et scandent leurs textes. Félix Giubergia, l'homme de l'ombre, en signe trois. Christophe L'Huillier tient la guitare, Arthur B. GilleLe et Eric Tafani, tous deux membres du groupe Moriarty, s'occupent respec)vement des textures sonores de la guitare et de la batterie, tandis que Benoît Guivarch joue des claviers et des synthés modulaires. Astéréotypie est un groupe de post-punk d'une efficacité redoutable. Les membres d'Astéréotypie sont des hackers du réel qui chopent dans la culture qui les assomme les éléments saillants pour s'y repérer dans la tourmente. Ils digèrent et régurgitent à leur façon ce trop plein d'informations pour en faire une vraie écriture brute que ce soit en plagiant les discours-type d'un marabout, en s'inspirant des sites de santé en ligne, ou en annonçant un mariage prochain avec un billet de vingt euros. À l'écoute d'Aucun Mec ne ressemble à Brad Pi3 dans la Drôme, le troisième album du collec)f, on quiAe le monde du sens figé, le monde d'une langue-prison comme une solution prête à penser. Les textes d'Astéréotypie et les voix qui les portent sont des révélateurs hypersurréalistes de leur biotope de supermarchés, de télé, de chiffres, de biens de consommations, de véhicules, de personnages historiques et d'injonctions diverses. Miroir distordu donc, tendu vers nous, aussi flippant dans le fond que fort dans la forme. Croiser le collectif Astéréotypie, ça secoue !