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Le pianiste espagnol polyvalent Leopoldo Erice offre de nouvelles interprétations des trois dernières sonates pour piano de Beethoven, nos 30, 31 et 32, dans lesquelles le compositeur a étendu les limites de la convention jusqu'au point de rupture. Erice a effectué ces œuvres pour marquer les célébrations du 250e anniversaire de Beethoven en 2020, aux côtés d'une conférence intitulée « La surdité de Beethoven : du silence à la création ».
Leopoldo Erice, qui a grandi en Espagne et est maintenant résident au Canada, a un amour profond et durable pour la musique de Beethoven, qui s'est concrétisée dans ses rôles à la fois en tant qu'universitaire et en tant que pianiste primé. Son approche de ces trois grandes sonates est de les percevoir à travers le filtre de la surdité de Beethoven, qui était complète au moment où il composa ces sonates, mais, de manière cruciale, considérant cette surdité non pas comme une altération autant qu'un moyen pour une musique intérieure exceptionnellement riche qui a trouvé un débouché dans des œuvres comme celles-ci.
La Sonate No. 30 s'ouvre sur un mouvement qui bascule entre l'improvisation et le lyrique, suivi d'un mouvement virtuose de grand élan. Pour le thème et les variations qui suivent, Beethoven utilise une gamme innovante de textures, aboutissant à un trille étendu à couper le souffle. Un sentiment de spontanéité imprègne également le mouvement d'ouverture de la Sonate No. 31, qui a un deuxième mouvement d'esprit subtil dans lequel Beethoven nous trompe avec des intrigues rythmiques. Le mouvement final est, comme le dit Leopold Erice dans ses notes lignées accompagnant cette sortie, « kaléidoscopique », embrassant « plusieurs couleurs, textures et émotions ».
Quant à la dernière sonate pour piano de Beethoven, n° 31, pour Leopoldo Erice, cette œuvre encapsule Beethoven comme « un compositeur qui est un artiste romantique, révolutionnaire et futuriste » à la fois. Dans le mouvement d'ouverture, Beethoven s'appuie sur le style baroque français, mais repousse à la fois le style et le pianiste à la limite avec son dévoilement de ses possibilités. Un autre aspect révolutionnaire de cette œuvre est qu'elle est coulée en seulement deux mouvements, dont le second est extrêmement ambitieux. Un thème serein est transformé en un ensemble extraordinairement large de variations, couvrant la stase hypnotique et l'ingéniosité rythmique, et se terminant non par un bang mais avec un murmure. La compréhension profonde d'Erice de ces œuvres est palpable à la fois dans son écriture et dans cet enregistrement, ce qui représente une nouvelle exploration essentielle de ces sonates fascinantes sans fin.