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Ce que l'art peut véhiculer de mystères, d'affabulations et de génie, on le retrouve dans une Collection née sur l'ile Seguin, au milieu des usines de Renault Billancourt en 1967, avec des artistes comme Arman, Vasarely, Dubuffet, Hantaï, Rauschenberg et une bonne partie, sinon la meilleure de ce qu'on n'appelait pas encore « l'art contemporain ». Son initiateur, Claude Renard, alors directeur des ressources humaines au sein de la Régie Renault. Claude Renard ne voulait pas qu'on l'appelle « collection », elle n'en a pas moins été la première du genre, où la grande industrie se mettait au « service » de l'Art.
On n'avait encore jamais raconté cette histoire, Christophe Donner le fait à sa manière en recomposant les petites histoires de ceux qui font la grande.
Juin 1945, André Malraux trouve à partager une grande maison à Boulogne avec les propriétaires : Madame Renard et son fils Claude. A 17 ans, le bachelier est féru d'art, ça tombe bien : l'auteur du Musée imaginaire sera son mentor.
7 février 1962, l'O.A.S. dépose une bombe au pied de la grande maison de Boulogne. C'est Malraux qui est visé, mais, absent, c'est la fille de Claude Renard, Delphine, quatre ans, qui est grièvement blessée.
Mars 1967. Arman, l'artiste français le plus sulfureux de son époque, reçoit commande d'une oeuvre pour l'Exposition universelle de Montréal. Sa galeriste le met en contact avec Claude Renard, qui lui fait visiter les ateliers de Renault. L'artiste jette son dévolu sur des portières de 4L pour composer une Accumulation qu'il intitule La Victoire de Samothrace qui sera la pièce fondatrice de la collection Renault.
Octobre 2024, à l'occasion de l'ouverture du centre d'art récemment construit sur l'ile Seguin, et soixante ans après sa création, la victoire de Samothrace ressort de l'ombre...
Une fresque littéraire brillante où le roman de l'intime devient le ressort d'une autre histoire de l'art de contemporain.