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Les plus attentifs n'ont pas oublié le nom de Marble Arch parmi les dix artistes hexagonaux de la série photographique Saint Laurent Paris
Sessions réalisée en 2015 par Hedi Slimane, le couturier mélomane. À l'époque, entre La Femme et Melody's Echo Chamber, Yann Le Razavet
n'était pas le visage plus connu, mais l'homme caché derrière Marble Arch était déjà un brillant espoir du vivier pop français. Si le premier
album, The Bloom Of Division (2014), avait marqué les esprits, il était pour son auteur/compositeur/interprète avant tout un exercice de
"bedroom pop", réalisé depuis sa Bretagne natale. Au point d'ailleurs d'envisager son alias discographique comme un projet personnel, loin de toute appétence scénique. Baptisé d'après le monument londonien en marbre blanc situé sur Oxford Street, Marble Arch a longuement mûri son second album, connaissant moins les affres artistiques que les contingences économiques - d'où le titre de Children Of The Slump
(littéralement "Enfants de la crise"). Pendant ce temps, Yann Le Razavet a réfléchi à la couleur musicale et aux op+ons sonores de son nouveau
disque, ne souhaitant être catalogué ni shoegaze, ni dream pop. À son endroit, on parlera plutôt de pop réverbérée ("Reminiscence"), de pop
saturée (le single imparable "I'm On My Way"), de pop nostalgique ("Moonstruck"), de pop synthétique ("Instant Love") ou encore de pop
contemplative ("Gold"). L'artiste trentenaire, épaulé par Barthélémy Bouveret (Good Morning TV, Brace! Braceti) pour le mixage des neuf
titres, considère Children Of The Slump comme son véritable premier album, au contraire du précédent disque qui était une collection de
démos. Si on esquissait quelques cousinages avec le répertoire à la fois entêtant et vaporeux de Marble Arch, des groupes comme The Radio
Dept., Slowdive, The Wake (période Sarah Records) et Deerhunter pour leur manière commune de convoquer des guitares ombrageuses avec des
mélodies pop viendraient spontanément à l'esprit. Pendant ces deux années d'écriture - ainsi résumées dans "Children Of The Slump", le
morceau conclusif où l'intéressé passe des rires aux larmes -, le natif de Lannion a coloré son penchant mélancolique, à l'instar des roses posées
sur une Mercedes grise de la pochette pastel.