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Commençons par les faits : Une formation fin 2003 à Paris, un nom emprunté au rock critique Richard Meltzer (prononcez comme 'Culture'
en anglais), des concerts chaotiques, une citation dans un roman de Chloé Delaume et un single, « You Girls », qui a mis le feu aux poudres... Suivi d'un album, 'After Nature', encensé par la critique et les fans du genre. Parmi les 7589 personnes l'ayant acheté, 84% déclarent qu'il est super chouette.
En 2008, L.R. quitte Gulcher et laisse la place de chanteur vacante. Johan intègre la formation en 2009 et le groupe commence la préparation de son second album. Jusqu'en 2010 il y avait un umlaut sur le nom, quand le groupe a préféré l'enlever pour arrêter d'être confondu avec Mötley Crue et Kärcher.
Nous n'allons pas ici classer l'affaire Gulcher en les rapprochant à un autre groupe ou en les intégrant à quelque mouvance « nouveau rock » car nous avons ici à faire à une entité qui a grandi en autarcie, quatre garçons plus à contrecourant que dans le vent. Toute leur culture, que l'on imagine assez grande, a été mise de côté pour créer un son à part, une identité sonore propre qui, si elle emprunte quelques accents à certains aînés, n'est jamais copiée-collée. Avant tout, ce sont des chansons vierges et imprévisibles, d'une fraîcheur et d'une inventivité rare (osera-t-on le mot novateur ?) que nous offre Gulcher. Là où on s'attend à un hymne de post-punk binaire, on se retrouve au final avec un titre psyché-funk aux accents soul. On se laisse impressionner par des guitares power pop, on entame un pas de danse, avant de se faire surprendre par une trompette, des choeurs ensoleillés, un synthé
moroderien...
A bien y réfléchir, si, il y aurait peut-être un terme qui conviendrait à Gulcher si on voulait régler leur cas en peu de mots : « avant-pop ».
« Avant », pour le côté « avant-garde » de leurs chansons aventureuses et « pop » parce que si complexe et ambitieuse soit-elle, la musique du
quatuor n'en reste pas moins de la popular music. De la pop du troisième millénaire, ambitieuse et mélodique, contrariante et accessible, raffinée et pourtant très pure.