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Faisant suite à la collection de morceaux rares et inédits de sa cassette Collected Pieces de 2017 et dans la foulée de son nouvel album Silver Ladders de 2020, la harpiste Mary Lattimore, basée à
Los Angeles, revient avec Collected Pieces II. Il rassemble des morceaux tirés de ses archives pour la première fois sur cassette. Cette sortie s'apparente à l'ouverture d'une boîte à souvenirs; des
compositions évocatrices séparées par les années et présentées comme le portrait d'une conteuse instrumentale qui fait rarement une pause, enregistrant et partageant souvent la musique dès qu'elle
lui vient. Semblant être en mouvement constant ces cinq dernières années depuis ses débuts avec Ghostly, Mary jette un coup d'oeil en arrière pour respirer, ouvrant la porte à de nouvelles
opportunités de vivre ces moments et émotions fugaces, toute la beauté, la tristesse, la lumière et l'obscurité qu'ils recèlent. La cassette s'ouvre sur "Mary, You Were Wrong", qui fait état d'une volonté
de montrer qu'il faut continuer à aller de l'avant même si on a le coeur brisé et que l'on fait des erreurs. Le refrain doux-amer tourne en boucle, un peu plus lumineux à chaque fois, lentement, à la
manière du temps qui guérit. "Sleeping Deer" est un titre inédit qui a vu le jour pendant sa résidence d'artiste dans un ranch de bétail du Wyoming. Inspirée par un faon qui avait perdu sa mère et qui
venait chercher à manger, la musique est patiente et bourdonnante, avec des pincements légers laissant place à des tons plus profonds et vibrants. Vient ensuite un single plus récent, "We Wave
From Our Boats", improvisé après une promenade dans son quartier pendant les premiers jours du confinement de 2020 et partagé sur son Bandcamp. Le coeur du morceau est une boucle sombre,
par-dessus laquelle des notes de synthé ruminent, chacune étant une douce lueur d'optimisme dans les jours les plus anxieux et absurdes. Également enregistré en 2020, "What The Living Do"
s'inspire du poème éponyme de Marie Howe, qui évoque la perte d'un être cher à travers l'appréciation du chaos de la vie humaine. Ce morceau donne une impression de distance, comme si l'auditeur
était à l'extérieur, regardant la vie se dérouler comme un film. "Princess Nicotine (1909)" est une bande sonore imaginée pour illustrer le film muet surréaliste Princess Nicotine ; or, the Smoke Fairy de
J. Stuart Blackton. La plupart de ces pièces ont été enregistrées sur le moment, seule, avec sa grande harpe de concert Lyon & Healy, des micros et des pédales. On en trouve également une sur le
retour au pays de l'astronaute américain ("For Scott Kelly, Returned To Earth") et une autre sur un personnage à la Charlie Chaplin qui a perdu ses lunettes ("Be My Four Eyes"). Comme ses
oeuvres les plus touchantes, ces chansons mettent en évidence les dons d'observation de Mary Lattimore, capable de façonner son art autour de fréquences et de scènes émotionnelles. Son pouvoir
en tant que musicienne est enraciné dans sa façon de voir le monde : avec des détails vifs, une grande empathie et une profonde gratitude pour la nature et les nuances.