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On n'est jamais aussi bien servi que par soi-même, alors le pianiste Howard Shelley a choisi comme chef d'orchestre Howard Shelley, son alter ego, afin d'éviter toute contestation dans les conceptions (phrasés, tempi, articulations, équilibres, etc.) de ces trois concertos. Et il faut dire que le pianiste (et le chef) s'en donnent à coeur joie dans cette musique, à laquelle ils restituent toute sa dimension romantique et donc fantasque, libre, aérienne, errante, inattendue, même le (musicalement un peu modeste, non ?) Concerto de Grieg, véritable clone nordique de celui de Schumann. Ce dernier, d'ailleurs, est ici donné selon sa véritable identité, à savoir un ouvrage tout à fait léger, très transparent, que de trop nombreuses interprétations donnent comme un énorme machin postromantique qu'il n'est certes pas ; en réalité, voilà de la musique de chambre jouée par une cinquantaine de musiciens qui s'écoutent les uns les autres - d'autant mieux, sans doute, qu'ils ne sont pas dirigés à la baguette. Saint-Saëns aussi bénéficie de ce nouveau regard : Shelley lui confère une dimension étonnamment variée, entre le tragique premier mouvement et le très mendelssohnien scherzo.