descriptif du fournisseur
Du monde prostitutionnel, le grand public connaît
peu de choses ; bien souvent circulent des
représentations fantasmatiques et stéréotypées.
Qui sait, par exemple, que durant la période
réglementariste - entre les années 1850 et 1946 -
existaient différents cadres de pratique représentant
le spectre sociologique et économique de l'époque :
des tolérances au grand raffinement, des maisons
de rendez-vous plus modeste ou encore des
maisons d'abattage à la rue, chacune s'adressant
à une classe sociale déterminée, avec des codes
spécifiques ?
Au prisme du vêtement, l'essai de Marie Baret
traverse l'histoire des maisons closes, qui fait écho à
celle de la société, et retrace l'évolution des moeurs
et de la représentation de la femme, notamment
les prostituées. Grâce à l'étude méticuleuse de rares
témoignages, de rapports de police ou de médecins,
et de tableaux et photographies de l'époque,
l'autrice dresse un portrait fidèle de cet écosystème
complexe - prostituées, tenancières, clients, mais
aussi coiffeuses et lingères, institutions policière et
médicale, etc. - et de ses règles.
L'autrice
Dans ce milieu, l'habit est un outil de pouvoir.
Le contrôle strict du vestiaire prostitutionnel par la
police et l'obligation de se conformer à une certaine
décence, en tout temps et en tous lieux, est ici
présenté comme la manifestation d'une volonté
étatique d'encadrer cette pratique. Tout autant,
le vêtement est lu comme l'outil de l'oppression
que les tenancières de maison exercent sur leurs
pensionnaires, tenues captives dans un système de
dettes dont elles ne peuvent s'affranchir.
À travers la description du vestiaire érotique
et de toute sa panoplie - déshabillés galants,
robes du soir, peignoirs et autres dessous intimes,
bas, corsets, chemises et parfois oripeaux plus
modestes -, de ses inspirations - orientalisme,
cabaret ou cinéma -, de ses déclinaisons - costumes
de jeu de rôle, fétichisme - et de ses mutations,
c'est tout un univers et une époque qui se dessinent
dans cet ouvrage.