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Les lettres d'Apollinaire à Madeleine Pagès ont fait l'objet de pas moins de cinq publications successives entre 1949 et 2005, à mesure que l'on en trouvait de nouvelles ou que l'on était autorisé à les rendre publiques.
Aujourd'hui, cette nouvelle édition établie par la spécialiste d'Apollinaire Laurence Campa permet de découvrir 60 lettres inédites, toutes de Madeleine Pagès.
Pour résumer cette histoire, Guillaume et Madeleine se rencontrent dans le train entre Nice et Marseille, le 2 janvier 1915. Lui est mobilisé, la jeune fille est professeur à Oran. Une correspondance s'ensuit, qui devient très vite amoureuse. Guillaume va jusqu'à demander la main de Madeleine à sa mère.
Mais ce gredin d'Apollinaire, à force de donner un tour sensuel, et même sexuel, à ses lettres, trouble bientôt son amoureuse qui est encore vierge. Il l'entraîne dans ses rêveries érotiques (cf. le poème « Les sept portes de ton corps » et quelques autres). Les lettres de Madeleine proposées ici pour la première fois participent à ce délire érotique.
Fin décembre 1915, une permission permet à Guillaume de passer une semaine à Oran, avec sa bien-aimée. Au retour, les lettres se font plus froides. On se contente de baisers. Le 18 mars 1916, Guillaume est blessé à la tête. Il s'ensuit de longs silences qui désespèrent Madeleine.
Le 26 août, il lui écrit : « Ne viens pas surtout. » En fait, cela va être la fin de cette brève et ardente histoire d'amour.
Cette correspondance contient en outre de précieux renseignements, de la main d'Apollinaire, sur ses amours de jeunesse avec Anny Playden, ou Marie Laurencin, sur la sombre histoire du vol de la Joconde : le poète accuse Picasso de ne pas l'avoir disculpé, comme il aurait pu le faire. Ce livre, encore augmenté par ces 60 lettres, constitue un document de premier ordre.
Édition de Laurence Campa