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Texte intégral révisé suivi d'une biographie d'Oscar Wilde. Écrite entre janvier et mars 1897 depuis la prison de Reading où il est incarcéré, publiée dans sa version originale intégrale seulement en 1962, cette longue lettre autobiographique d'Oscar Wilde est autant une lettre d'amour qu'une lettre de rupture adressée au jeune lord Alfred Douglas (surnommé "Bosie"), son ami et amant, l'homme par qui le scandale et le procès de 1895 sont arrivés. Condamné pour outrage aux moeurs (homosexualité) à deux ans de travaux forcés, souffrant du silence de Bosie et bien décidé à vider l'abcès, l'auteur du "Portrait de Dorian Gray" écrit ici, sur le mode de la confession, sa version des faits, relatant l'enchaînement des évènements qui l'ont conduit en prison. Une large part du texte est consacrée à ses relations avec son ami, qu'il ne ménage pas, maniant tour à tour, dans un esprit volontiers polémiste, le mépris et la haine. Mais le "De profundis" est aussi une profonde méditation sur les hommes, sur la société et sur l'art, ainsi que le texte d'une renaissance à travers la découverte de la douleur et de l'humilité. Oscar Wilde veut trouver dans l'épreuve traversée le fondement d'un renouveau spirituel. Assimilant la figure de l'artiste à celle du Christ, il dépeint ce dernier comme le "vrai précurseur du mouvement romantique dans la vie", en ce qu'il a "concrétisé dans toute la sphère des rapports humains cette sympathie imaginative qui dans la sphère de l'art est l'unique secret de la création". Le titre "De profundis" fait référence à la prière pour les morts du Livre des Psaumes de la Bible: "De profundis clamavi ad te, Domine" (Des profondeurs nous t'implorons Seigneur...).