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Mama Sissoko est né en 1949 à Nioro du Sahel, à 450 km au nord de Bamako. Ce virtuose malien de la guitare a été initié à la musique par son oncle Djeli Baba Sissoko. Il a joué comme chanteur et guitariste au sein de formations légendaires telles que l'Orchestre A de Bamako, l'Orchestre National de Bamako et Super Biton de Ségou. Lauréat du Prix Ebony Guitar au Mali en 1970 et du Mérite National en France en 2023, Sissoko est depuis longtemps l'un des guitaristes les plus recherchés au monde. Il a notamment collaboré avec Santana et Herbie Hancock, et a assuré les premières parties des concerts de B.B. King. Issu de la culture mandingue, ses compositions sont fortement influencées par le blues et le jazz, mêlés aux rythmes traditionnels bobo, bambara, sarakolé, peul, songhaï et mandingue.
L'album DIAMOND FINGERS, composé de 13 titres, est produit par sa protégée de longue date, la photographe française Françoise Huguier. Sissoko utilise l'ironie dans des textes critiques envers les absurdités auxquelles sont confrontés les immigrés dans le contexte postcolonial. Dès le premier morceau, Commissariat, il interroge la police des frontières française sur la nécessité d'un papier, voire d'un passeport, puisqu'il est africain, défendant ainsi l'africanité. Les morceaux suivants sont méditatifs : Nkana (frères et soeurs, unissez-vous) et Douga (dédié aux braves) sont des chansons méditatives jouées dans un style blues bambara, tandis que Silami Djama (d'où que nous venions, nous avons tous la même origine) et Massane Cissé (les riches doivent aider les pauvres) sont de puissants réarrangements traditionnels d'anciens chants mandingues. Gniasso (hommage à une vendeuse d'alcool) repose sur une solide rythmique percussive, et les morceaux suivants, Batou (dédié à une courageuse villageoise), Sembelou (dédié à une femme courageuse), Diamond Fingers et Mari (dédié au frère de Mama pour le dissuader de toute aventure), sont des compositions typiques du style de Mama Sissoko. Narena (hommage aux mères), avec son introduction puisant dans l'univers du flamenco, révèle toute la polyvalence de la guitariste. Sur les deux derniers titres, Hommage au Bitton et Diabari, les influences afro-cubaines des années 70 dominent. Cet album historique voit enfin le jour, dix ans après son enregistrement et huit ans après la rencontre entre Carolina Vallejo et Mama à Ségou en 2018, qui a donné naissance à une amitié.