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Lors de leurs quelques concerts en duo durant l'été 1998, Kristen Noguès et John Surman avaient déjà beaucoup exploré le mélange des genres : Noguès avait confronté la musique traditionnelle bretonne à la musique contemporaine, tandis que Surman transformait son jazz en morceaux atmosphériques qui allaient figurer parmi les meilleurs enregistrements du label ECM. En duo, la harpiste et le saxophoniste allaient ensuite inventer quelque chose de différent : free folk, ambient traditionnel, « fest-noz » modal... Difficile à définir, car le duo Noguès/Surman est unique en son genre.
Diriaou, qui signifie « jeudi » en breton, est aussi le titre de la première pièce que Kristen Noguès et John Surman ont jouée ensemble en 1991. Noguès a appris le breton dès son enfance, en même temps que la harpe celtique, auprès de Denise Mégevand, qui formera plus tard d'autres professeurs, notamment Alan Stivell. Au début des années 1970, elle découvre le chant breton (soniou et gwerziou) et s'engage au sein de Névénoé, une coopérative d'expression traditionnelle fondée par Gérard Delahaye et Patrick Ewen. Elle enregistre un single avec les deux musiciens en 1974, puis son premier album deux ans plus tard.
Kristen Noguès et John Surman partageaient ainsi une inspiration « extra-celtique » imprégnée d'improvisation libre. Sur cet enregistrement, réalisé en 1998 par Tanguy Le Doré au festival Dre Ar Wenojenn, le duo utilise des compositions originales qui font écho à des chants traditionnels (Maro Pontkalek, Le Scorff). Les musiciens créent alors des impressions saisissantes : Baz Valan, sur lequel Noguès et Surman livrent un échange céleste ; Kernow, où le thème commun ralentit et se fond dans la brume ; Maro Pontkalek et Diriaou, qui passent de la tempête au calme. Ailleurs, le chant s'invite, d'abord avec Surman (Kleier), puis avec Noguès (Kerzhadenn et son titre emblématique Berceuse). Sur une toile de musique traditionnelle, les deux musiciens tissent d'innombrables paysages sonores mémorables.