Electrified Django 1947

De Django Reinhardt (Interprète)
Electrified Django 1947
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DJANGO REINHARDT L'EXPLOSION SONORE ! - ÉDITION DELUXE 3 CD: CD 1: BABIK --- CD 2 : DJANGO'S DREAM --- CD 3 : MANOIR DE MES RÊVES --- AVEC POUR LA 1ÈRE FOIS REMISE AU DIAPASON ! VOUS ALLEZ ENTENDRE TOUS LES TITRES DE CETTE ANNÉE CHARNIÈRE DANS LA CARRIÈRE DE DJANGO REINHARDT, COMME VOUS NE LES AVEZ JAMAIS ENTENDUS AUPARAVANT!
A son retour des Etats-Unis, en 1947, Django Reinhardt décide d'électrifier sa guitare. Entouré d'une poignée de fidèles, dont le clarinettiste Hubert Rostaing, alors au sommet de son art, le génial manouche revisite ses plus grands thèmes, transfigurés par l'électricité. UN EXPRESSIONNISME SONORE UNIQUE, QUI PRÉFIGURE AVEC 20 ANS D'AVANCE CE QUE SERA L'AVENIR DE LA GUITARE.
ALBUM DE LA SEMAINE "FIP"
« Ce coffret est magnifique ! Il y a une espèce d'identité, quelque chose de vraiment personnel et d'unique, mais avec beaucoup de variété et de couleurs différentes. C'est un super quintet ! J'adore cette période souvent méconnue de Django. » --- Philip CATHERINE ---.

« Le 21 mai 1947, il enregistre à Bruxelles pour Decca sa première séance à la guitare amplifiée, qui marque le début d'une nouvelle quête sonore. En s'appropriant peu à peu l'amplification électrique de l'instrument, cette recherche de sonorités va constituer le principal terrain d'expérimentation de Django à cette période - une étape indispensable pour retrouver ses marques et permettre les conditions d'un nouveau " placement " dans l'orchestre. Parmi les éléments " bop " que le guitariste commence à greffer dans ce contexte d'orchestre " swing " (cf. par exemple la ligne mélodique de Babik, un thème dédié à son fils - né trois ans plus tôt - enregistré lors de cette séance du 21 mai), le renouvellement de la matière sonore proprement guitaristique est ce qui frappe avant tout l'auditeur. " Pour la première fois, déclare le clarinettiste Gérard Lévecque, il pouvait rivaliser en volume sonore avec des trompettes ou des saxophones - et même mieux : jouant en accords, il donnait l'illusion d'être un grand orchestre à lui tout seul. " D'où l'intérêt de Reinhardt pour la musique d'un Gillespie, dont il va essayer de transposer les sortilèges sur l'instrument à cordes. Mais, renouant ainsi avec ce qui a toujours été l'une de ses fonctions de prédilection dans le quintette à cordes (" faire l'orchestre ", en déployant l'éventail de ses immenses ressources musicales), Django ne va pas simplement se contenter de gagner en volume sonore ou en sustain audible, il va creuser plus avant le potentiel de l'amplification, en n'hésitant pas à " tordre " le son et faire chauffer les lampes, préfigurant ce que sera l'avenir de la guitare électrique une vingtaine d'années plus tard. Cet expressionnisme sonore, qu'aucun autre guitariste de jazz n'adoptera à cette période, est particulièrement sensible lorsque le musicien reprend en quintette des titres interprétés en grand orchestre (Stockholm, Féerie) ou lorsqu'il en compose de nouveaux qui auraient pu l'être (Porto Cabello).
Avant de partir pour une tournée en Allemagne à l'été avec le pianiste Eddie Bernard et le jeune clarinettiste Maurice Meunier, Django grave une série de titres pour un nouveau label dirigé par un ex-musicien devenu producteur. " Eddie Barclay, explique Hubert Rostaing, nous laissait une liberté totale pour choisir les titres à enregistrer. Comme cela nous étions très à l'aise, car Django n'enregistrait que la musique qui lui plaisait. Ses propres compositions, bien sûr, mais aussi des thèmes commerciaux de l'époque qu'il adaptait à sa convenance, ou encore des adaptations de thèmes d'inspiration folklorique, bref, la musique qu'il aimait. " Notons qu'à cette période Django s'exprime également volontiers sur le blues (cf. Del Salle, Blues for Barclay, Swingtime in Springtime, New York City), matériau très prisé des boppers, dont la simplicité laisse évidemment les coudées franches à l'improvisateur. Quant à la tournée allemande, elle va être gâchée en partie par des problèmes de sonorisation, le guitariste n'ayant pas apporté d'ampli avec lui. Cela le conduira-t-il à changer de matériel à son retour, troquant son micro DeArmond contre un nouveau prototype concocté par l'ingénieur Jean Guen, créateur de la marque Stimer ? Toujours est-il que sa sonorité semble changer lors de la séance du 29 août, et qu'elle devient carrément plus incisive lors des enregistrements pour l'émission " Surprise-Partie " d'Anne-Marie Duverney en septembre. " Ne me parlez pas de musique. En ce moment, je peins.", déclare Django, qui a inauguré sa première exposition au Boeuf sur le toit en mars et transforme à cette époque la pièce principale de son appartement de la place Pigalle en atelier de peinture. Mais la peinture l'éloigne-t-elle tellement de la musique ? Ou lui permet-elle de projeter et de résoudre sur un autre plan des problèmes auxquels il se trouve confronté ? Couleurs, composition... " Instinctivement, il est attiré par les problèmes plastiques fondamentaux ", note Charles Delaunay. L'analogie se révèle en tout cas très parlante. Si, sur le plan pictural, la manière de Django peut évoquer celle d'un Gauguin, rapportée à sa sonorité, sa facture musicale penche indubitablement du côté du fauvisme et de l'expressionnisme, pour évoluer vers une forme d'" abstraction lyrique " à la fin de sa vie. Coïncidence ou hasards de la chronologie, Georges Mathieu lance justement ce nouveau mouvement (inspiré notamment par Mirò) en 1947 ! L'année 1947 apparaît en tout cas comme une véritable " charnière " dans la carrière du guitariste et le cheminement de son art. Nous avons fait le choix d'en proposer un large panorama, à travers un programme pas tout à fait exhaustif (Django enregistre beaucoup), mais constitué de séances complètes, qui permettent de l'entendre dialoguer successivement avec les trois clarinettistes qui lui donnent la réplique à cette période (Hubert Rostaing, Maurice Meunier et Gérard Lévecque), les sections rythmiques s'avérant par ailleurs particulièrement stables (Eugène Vées ou Joseph Reinhardt à la guitare d'accompagnement, flanqués le plus souvent d'Emmanuel Soudieux à la contrebasse et d'André Jourdan à la batterie). Exceptions à cette règle, la version de Topsy du 4 octobre, qui offre un point de comparaison utile avec celle de Charlie Christian de mai 1941 (autre tenant de l'électricité et passeur " du swing au bop ", à la trajectoire malheureusement trop tôt interrompue), et un New York City en forme de blues signé Eddie Barclay dont le dépouillement et la fermeté de la ligne trahissent incontestablement la " patte " du guitariste, souvenir ou rappel de l'impulsion décisive de son expérience américaine. » --- Max ROBIN ---.
 
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