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our Pierre Vassiliu, 'Voyage' était le titre d'un album et une philosophie de vie. Voyager, c'était pas les vacances ou le repos. C'était des rencontres, de nouvelles musiques et parfois la vie tout simplement. Son oeuvre s'est nourrie de ces expériences autour du monde, sa carrière lui a permis de poser le pied sur chaque continent. Mais ses plus beaux voyages, il les a faits dans les studios d'enregistrement.
«Mes parents sont arrivés comme ça, sur une plage, avec un camping-car. Ils se sont posés et on est resté des années.» Assise au bord d'un lac à Sète, Léna Vassiliu raconte comment ses parents, Pierre et Laura, ont choisi un coin vide de la région de Casamance pour gagner quelques années à s'aimer au soleil. Légitime enfant du voyage, elle a été conçue au Sénégal. A l'époque, sa maman disait: «Je veux accoucher debout en tenant un arbre, dans le bois sacré où seules les femmes peuvent entrer!». Aujourd'hui, sa maman ajoute: «Pierre n'était pas chaud, on a fini dans une clinique à Dakar.» Laura Vassiliu vit toujours à Sète, dans le même appartement qu'avant. Le dessin original de Folon pour la pochette de 'Voyage', encadré dans le salon, intensifie le spectre de Pierre. Laura se souvient bien des beaux moments et les voyages en font partie. «Y avait pas que les moments qui étaient beaux. Pendant les voyages, lui aussi était plus beau.» Ça lui faisait du bien, à Pierre, de tourner le dos à la France probablement déjà moche, tourner le dos à l'industrie du disque volatile et mercantile, tourner le dos aux familiers qui reconnaissaient sa moustache mais pas son talent. Voyageur par obligation dans sa jeunesse (l'Algérie et sa guerre), il devint voyageur par goût et acquit le goût des autres, indispensable à quiconque veut trotter autour du globe. Il voyageait aussi par nécessité. Quand ça souriait moins, un bateau, un avion, salut les cons. Tous ces voyages, il les a ramenés dans ses chansons.