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Est-il encore besoin de présenter Alpha Blondy, qui depuis les années 1980 est l'incarnation du reggae africain ? Rappelons simplement que depuis l'album Jah Glory en 1982, il a enchaîné les succès sans jamais renoncer à donner du sens à sa musique, dénonçant les injustices et fustigeant les puissants, mêlant instruments traditionnels et programmations synthétiques. Avec plus de vingt albums studio étalés sur cinq décennies, on aurait pu croire qu'il avait tout dit. Loin de là, comme le confirme ce nouveau projet, 'Eternity', qui ouvre un chapitre inédit dans la saga de cet infatigable artiste. La musique d'Alpha, c'est le partage. Et ses invités en sont le reflet, avec des old timers et des jeunes espoirs. Dans la première catégorie, Clinton Fearon, chanteur des Gladiators de passage à Abidjan, apporte sa voix à ce titre puissant " Excision " , plaidoyer contre cette violence faite aux femmes qu'Alpha écrivit après avoir été traumatisé par l'excision d'une cousine. Sidiki Diabaté, fils de Toumani Diabaté, chante sur " Layiri (Le Serment) ", tandis que son père y joue de la kora. Un nouvel exemple de ce mix africain-jamaïcain qu'Alpha maitrise à la perfection. D'ailleurs, qui d'autre que lui serait capable de faire un remake du " Soul Rebel " de Bob Marley en le titrant " African Rebel " et en y ajoutant une cornemuse ? 18 chansons, 18 prises de parole, de conscience, un double album sous le signe de l'indépendance puisque cette fois, Alpha s'est affranchi des maisons de disques et est devenu son propre producteur. Libre comme toujours, indépendant comme jamais, Alpha Blondy fait son grand retour avec 'Eternity'. Il était temps.