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"Eupalinos ou l’Architecte", "L’Âme et la Danse" et "Dialogue de l’Arbre" de Paul Valéry sont trois dialogues poétiques inspirés par la philosophie antique. "Eupalinos", à l’origine préface à un recueil intitulé "Architectures" (1921), revisite les grands concepts platoniciens (la mimesis, la réminiscence, le philosophe roi, l’ignorance,...). Au royaume des ombres, il met en scène un dialogue entre Socrate, abîmé dans la contemplation du fleuve du Temps, et Phèdre qui lui rappelle le souvenir de l’architecte Eupalinos, ce constructeur du temple d’Artémis qui faisait «chanter les édifices». Socrate médite alors sur la beauté et sur son choix d’être philosophe plutôt qu’artiste. "L’Âme et la danse", écrit de circonstance publié à l’origine dans "La Revue musicale" (1921), doit beaucoup à la «musique des idées» que Stéphane Mallarmé lui a inspiré. Le médecin Éryximaque y dialogue avec Phèdre et Socrate sur la danse et l’orchestique et notamment sur la beauté incarnée dans le corps et le mouvement de la danseuse: «Le corps qui est là veut atteindre à une possession entière de soi-même, et à un point de gloire surnaturel... Mais il en est de lui comme de l’âme pour laquelle le Dieu, et la sagesse, et la profondeur qui lui sont demandés, ne sont et ne peuvent être que des moments, des éclairs, des fragments d’un temps étranger, des bonds désespérés hors de la forme...» Le "Dialogue de l’Arbre", inspiré quant à lui par "Les Bucoliques" de Virgile et écrit sous l’Occupation (1943), est une célèbration à la gloire de l’Arbre. Le dialogue se déroule entre le berger Tityre, qui jouit directement et immédiatement de la présence de l’Arbre, et le philosophe Lucrèce méditant sur le paradis terrestre de la sensualité et de la nature.