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Au début des années 1960, au Berklee College of Music, Byard Lancaster se lie d'amitié avec des musiciens passionnés : Sonny Sharrock, Dave Burrell et Ted Daniel. On comprend aisément son engouement rapide pour le free jazz. Une fois installé à New York, il intègre le Sunny Murray Quintet, enregistré sous la direction du batteur virtuose Albert Ayler.
En 1968, le saxophoniste et flûtiste enregistre son premier album solo : « It's Not Up To Us ». L'année suivante, il se rend à Paris dans le sillage de Sunny Murray. Il revient en France en 1971 (toujours avec Murray) et en 1973 (sans Murray, pour une fois). C'est à cette époque qu'il rencontre Jef Gilson, pianiste et producteur, qui l'encourage à enregistrer à nouveau sous son propre nom.
Sur Palm Records (le label de Gilson), il sortira quatre albums : Us, Mother Africa, Exactly et Funny Funky Rib Crib.
L'enregistrement d'« Exactly » a nécessité deux sessions en studio : le 1er février et le 18 mai 1974. Entre ces deux dates, Lancaster a enregistré, avec Clint Jackson, l'excellent « Mother Africa ».
Deux noms figurent sur la pochette d'« Exactement » : Lancaster (Byard) et Speller (Keno). Byard Lancaster tenait à la précision, passant régulièrement d'un instrument à l'autre : d'abord le piano, son premier instrument. Sur « Sweet Evil Miss Kisianga », son inspiration première est Coltrane (même s'il penche davantage pour Alice que pour John), annonçant la tempête à venir.
C'est le jeu de cuivres de Lancaster qui impressionne le plus : au saxophone alto (dont le son est transformé par un octavoice sur le morceau « Dr. Oliver W. Lancaster ») ou soprano, ainsi qu'à la flûte ou à la clarinette basse, le musicien évolue sur un fil, tirant le meilleur parti de chaque risque qu'il prend. Exploitant toute la tessiture de ses instruments, il joue avec les possibilités.
Puis, Lancaster évoque Ornette Coleman, Eric Dolphy et même Prokofiev, avant de se lancer dans une joute rythmique avec Keno Speller aux percussions. Surtout, il possède un son unique. Byard Lancaster, quel que soit l'instrument qu'il utilise et grâce à sa recherche constante, finit toujours par trouver la note juste... par jouer exactement la note qu'il devait jouer.
 
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