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Le nouvel album de Pan American, projet du musicien expérimental Mark Nelson (également membre de Labradford), médite sur le voyage, à la fois réel et métaphorique, nourri par les naissances, les deuils et les retours qui jalonnent une vie. Deux chansons en forment l'ossature : « You Belong to Me » de Jo Stafford, romance mélancolique évoquant la solitude et le monde qui rétrécit, et « Promised Land » de Chuck Berry, récit de traversée à travers l'Amérique ségréguée vers la Californie rêvée, entre allégorie et épopée.
Enregistré à domicile ces dernières années, l'album mêle guitare électrique, guitare acoustique à chevalet en caoutchouc, Ableton Live et synthétiseur Digitone, avec les contributions au violon et au chant de Mallory Linnehan (Chelsea Bridge), captées à Chicago au Not Not. La pochette montre une photo inédite de la mère de l'artiste, prête à embarquer pour ce « Silver Plane », image symbolique du passage, du changement et de l'entre-deux.
" La musique de cet album est une réflexion sur les voyages, au sens propre comme au figuré. Ayant vécu la naissance de mes enfants, le déclin et le départ de mes parents, et mes propres années d'exploration et de retour au bercail, le voyage m'apparaît comme la tropologie idéale pour sonder les mystères qui nous habitent. Le voyage, ses impressions, ses rituels, ses superstitions - ses possibilités et ses risques - s'ouvre sur le paysage de nos plus grandes interrogations, de nos peurs et de notre émerveillement.
Deux chansons constituent l'ossature de cette musique. Des chansons que j'ai toujours aimées, même avant de les avoir entendues. La première, qui donne son titre à l'album, est « You Belong to Me » de Jo Stafford. Au-delà de ses accents coloniaux indéniables pour nos oreilles modernes, c'est aussi une magnifique romance du milieu du XXe siècle - et une ode à la menace d'un monde qui se rétrécit. La chanson représente la solitude et le mystère d'être seul et d'être laissé pour compte. Le chanteur ne demande pas à l'être aimé de fermer ses horizons, mais lui rappelle simplement de revenir une fois le voyage terminé. Mettre de côté le Plan Argenté de la transition, du changement et de l'entre-deux pour l'intimité de la terre ferme.
La deuxième chanson est « Promised Land » de Chuck Berry. Elle aussi parle d'un voyage, et elle oscille avec aisance entre allégorie et récit. Le chanteur traverse l'Amérique ségrégationniste pour atteindre la Californie, terre promise. La chanson est à la fois une histoire extraordinaire qui évoque Mark Twain et une épopée américaine digne d'Herman Melville. Lorsque le héros arrive enfin en Californie, son premier réflexe est d'appeler chez lui pour rassurer le Vieux Monde et lui confirmer son arrivée saine et sauve dans le Nouveau Monde.
Les chansons de « Fly the Ocean in a Silver Plane » ont été enregistrées chez moi ces deux dernières années. J'ai joué de la guitare électrique, de la guitare acoustique à chevalet en caoutchouc, d'Ableton Live et d'un synthétiseur Electron Digitone. Mon amie Mallory Linnehan, alias Chelsea Bridge, a magnifiquement contribué au violon et au chant sur quelques morceaux. Nous avons enregistré ces performances un après-midi d'été à Chicago, au studio Not Not, fenêtres ouvertes.
La pochette est une photo de ma mère - une photo que je n'ai jamais vue de son vivant. Avec son foulard et son expression à la fois excitée et nerveuse, elle semble sur le point d'entamer un voyage. Enfin prête à traverser le tarmac et à embarquer à bord du Silver Plane. "