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Franco Margola (1908-1992) nourrissait un amour indéfectible et authentique pour le violon, qui l'anima tout au long de sa carrière et de son évolution artistique. Cet enregistrement témoigne de la polyvalence du compositeur brescien et de l'évolution de sa pensée musicale. Souvent en réticence face aux modes de son époque, il sut concilier tradition et modernité. Après la Seconde Guerre mondiale, Margola devint intolérant aux sonorités dures et violentes et privilégia la composition d'oeuvres plus apaisantes. Le Kinderkonzert n° 2 est une oeuvre pour violon et orchestre (1954). Le premier mouvement se caractérise par une écriture fluide et mélodieuse. Ce n'est que lors de la cadence que l'atmosphère se fait plus grave, et la légèreté qui caractérisait l'ensemble du mouvement ne réapparaît qu'avec le retour de l'orchestre au complet. Le mouvement suivant, Sostenuto, possède un caractère onirique qui s'anime dans la section centrale grâce à une musique aux accents de danse. Dans l'Allegro final, la partie soliste se distingue par une écriture virtuose brillante qui s'intègre harmonieusement à la texture orchestrale articulée. Près de trente ans plus tard, Margola composa le Concerto dell'alba pour violon et orchestre à cordes (1982). Conçu comme le troisième volet des Kinderkonzert, ce concerto se distingue par son absence de modernisme et de cérébralisme. Le compositeur y déploie néanmoins un langage moderne, empreint de sagesse et de discrétion, qui confère au concerto une éloquence musicale spontanée et une sonorité chantante. Un Rondò vigoureux, aux airs populaires entraînants, conclut l'oeuvre. Dans les Variazioni sopra un tema giocoso (1965), le compositeur adopte un style d'écriture résolument néoclassique, plaçant des sonorités harmonieuses au sein d'une structure formelle. Également néoclassique, la Sonate en ré majeur (1931) est la première d'une série de cinq sonates pour violon et révèle la maîtrise technique du compositeur. Dans le premier mouvement, deux thèmes alternent : l'un grave, l'autre rêveur, semblant flotter sur l'accompagnement de piano en arpèges. En 1960, le Concerto Doppio pour violon, piano et orchestre à cordes fut publié. Une fois encore, Margola refusa de suivre les modes musicales de son temps, préférant se fier à sa propre nature dans la recherche d'un langage expressif et spontané. Les trois tempos qui composent le Concerto Doppio s'enchaînent avec fluidité et révèlent une composition d'une grande ingéniosité, où le langage musical romantique est renouvelé par les expériences du nouveau siècle.