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Des pièces pour guitare lumineuses et exubérantes des années 1930, inspirées par la virtuosité d'Andrés Segovia. La guitare devint un instrument de plus en plus important pour Castelnuovo-Tedesco tout au long de sa longue carrière. « Mon art tend progressivement à se simplifier », écrivait-il, « et la guitare est devenue l'un de mes moyens d'expression préférés car elle m'a conduit à l'essentiel. » Il fut attiré par l'instrument pour la première fois après sa rencontre avec Andrés Segovia à Venise en 1932. Les Variations à travers les siècles, op. 71, suivirent presque aussitôt. Il s'agit d'une oeuvre introspective, traitée avec une virtuosité stylistique éblouissante, écrite pour le plaisir de l'interprète comme de l'auditeur, à l'image de la plupart des compositions de Castelnuovo-Tedesco. Au cours des sept années suivantes, avant de quitter l'Europe pour les États-Unis, Castelnuovo-Tedesco composa une série d'oeuvres tout aussi réussies pour cet instrument. L'oeuvre la plus importante est la Sonate pour guitare en quatre mouvements, sous-titrée « Hommage à Boccherini » : un élégant essai de néoclassicisme qui évoque l'élégance courtoise des Quintettes pour guitare de Boccherini tout en restant fidèle au langage propre à Castelnuovo-Tedesco. Suit un Capriccio Diabolico, qui fait honneur à son titre en tant qu'hommage à Paganini, avec une figuration diabolique qui ravit Segovia, lequel apprit la pièce en 20 jours. Partageant le même numéro d'opus 87 que le Capriccio, une étude de caractère d'inspiration sicilienne, « Oranges en fleurs », d'une sobriété contrastante. La dernière pièce pour guitare écrite par Castelnuovo-Tedesco avant son départ définitif d'Europe est la Variation plaisante sur un petit air populaire, op. 95, dont le thème est tiré d'une mélodie folklorique française, après qu'un critique suisse eut reproché à la Sonate d'être simplement une pièce de démonstration pour Segovia. Castelnuovo-Tedesco lui donna tort en démontrant une fois de plus sa profonde sensibilité pour la guitare, instrument à la fois de virtuosité et de réflexion, et en concluant par une fugue élaborée. Cet album est le dernier d'une vaste série d'enregistrements récents chez Brilliant Classics, qui documentent l'oeuvre protéiforme de Castelnuovo-Tedesco (1895-1968). Plutôt que de se baser sur les éditions standard de Segovia, Antonio Rugolo a puisé dans les manuscrits du compositeur et consulté les éditions plus récentes d'Angelo Gilardino, offrant ainsi des interprétations plus fidèles que jamais à la vision de l'artiste.