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Une perspective originale sur deux figures emblématiques de l'avant-garde italienne, empreinte d'une fougue et d'une élégance néoclassique. La conviction inébranlable de Goffredo Petrassi (1904-2003) dans ses sept Concertos pour orchestre d'après-guerre contraste fortement avec le pastiche fluide de sa Partita pour piano, composée en 1926. Les titres baroques des quatre mouvements instaurent une simplicité d'expression désarmante, dont les accents dominants sont le classicisme de Mozart et Beethoven. Même les harmonies les plus exploratoires de la Toccata (1933) sont empreintes d'une douce introspection - bien loin des toccatas contemporaines de Bartók et Prokofiev, par exemple - et un esprit d'évasion et de fantaisie anime les sept Inventions de 1944. Les études existantes sur la musique pour piano de Petrassi s'arrêtent là, tandis qu'Andrea Molteni y ajoute trois charmantes miniatures : une espiègle Petite Pièce de 1950, puis les deux mouvements d'Oh Les Beaux Jours ! (1976), qui retravaillent des éléments du début des années 1940, dont un Divertimento Scarlattiano inachevé. Cela peut surprendre, sauf pour les plus fervents spécialistes de Petrassi, mais Andrea Molteni met en lumière les aspects les plus séduisants et spirituels de son écriture pianistique. Luigi Dallapiccola (1904-1975) était, à bien des égards, un étudiant de la musique baroque encore plus passionné que Petrassi, et doté d'un esprit plus subversif : dans l'une de ses oeuvres les plus célèbres, le Quaderno Musicale di Annalibera (1951-1952), il compose une séquence dodécaphonique autour du nom de Bach (B.A.C.H.). Le contrepoint à douze tons pourrait sembler une contradiction, mais ce serait sous-estimer la virtuosité et l'inventivité de Dallapiccola, qui rendent un véritable hommage à l'esprit de son époque. Auparavant, Andrea Molteni présente deux autres oeuvres d'une envoûtante veine néoclassique : une « Sonate canonique » basée sur les Caprices pour violon seul de Paganini, et un ensemble de trois « Épisodes » tirés de son ballet Marsia, tour à tour empreints d'angoisse et de sérénité. Ce couplage est unique sur disque, mais d'une parfaite évidence ; les interprétations d'Andrea Molteni sonnent juste. Il fut l'élève de William Grant Naborè, lui-même ancien élève de Petrassi, et la brochure présente un entretien captivant entre l'élève et le professeur.