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Je suis sorti de prison
Propos recueillis par Nathalie Vernais
Cet ouvrage fait 196 000 caractères, 34 000 mots, l’équivalent de 160 pages au format papier.
Un homme franchit le portail. Il dit : « Je suis sorti de prison. » Sur le papier, il est libre. Dans la réalité, tout commence à peine.
Appels au 115, nuits à l’hôtel social, chantiers d’insertion, bureaux du SPIP, files d’attente aux guichets, bulletins de casier qui ferment plus de portes qu’ils n’en ouvrent. À travers les voix de Malik, Karim, Antoine et d’autres, ce livre raconte l’année d’après : celle où il faut trouver un lit pour ce soir, un travail pour demain, une place quelque part. Celle où l’on rend ses EPI la gorge nouée, où un recruteur referme son visage en lisant un extrait de casier, où une fille murmure : « Je ne pourrai jamais t’appeler papa. Mais peut-être qu’un jour je pourrai t’appeler Antoine. »
Ni reportage froid, ni success story édifiante, Je suis sorti de prison est un récit polyphonique, au plus près des corps et des mots de ceux qui tentent de se reconstruire dehors. On y croise des travailleurs sociaux, des éducateurs, des juges d’application des peines, des infirmiers d’addictologie, mais surtout des hommes confrontés à une liberté sous conditions : celles de leurs fautes, de leur casier, du regard des autres, et de leurs propres limites.
En recueillant et en mettant en écrit ces parcours cabossés, Nathalie Vernais fait entendre une vérité que l’on préfère souvent ignorer : sortir de prison ne suffit pas pour sortir de la peine. Entre espoirs minuscules, rechutes possibles et victoires discrètes, ces voix tracent le fil fragile qui relie la survie à la dignité.
« Le plus dur, ce n'est pas la cellule. C'est la seconde où la porte se referme dans votre dos. »